Fonction publique : le syndicaliste Pierre Mintsa alerte sur un projet présumé de suppression des avancements automatiques

Libreville, (GM)- Le président de la Confédération syndicale des travailleurs « Gabonais Vaillants », Pierre Mintsa, dans une vidéo désormais virale sur les réseaux sociaux, a lancé un avertissement public aux autorités au sujet de deux réformes en cours qu’il estime susceptibles de provoquer une grave crise sociale.

Dans ladite vidéo, le responsable syndical affirme que des textes seraient en préparation sans consultation des partenaires sociaux, notamment une modification de la loi n° 8/91 portant statut général des fonctionnaires.

Une réforme dénoncée comme un facteur de tensions sociales

Selon Pierre Mintsa, le projet porté par le ministère de la Fonction publique viserait à supprimer les avancements automatiques, qu’il présente comme « le seul avantage des fonctionnaires gabonais ». Il soutient qu’une telle réforme ne peut être engagée sans dialogue avec les organisations syndicales, dès lors qu’elle touche directement à la gestion de la carrière des agents publics.

Le syndicaliste affirme disposer de « preuves » de l’existence de ce projet et estime que son adoption pourrait conduire à une grève généralisée de l’administration publique.

Des critiques également adressées au ministère du Travail

Au-delà de la Fonction publique, Pierre Mintsa met également en cause le ministère du Travail. Il reproche à la ministre d’avoir présenté au Parlement une ordonnance qui, selon lui, aurait été élaborée sans concertation préalable avec les partenaires sociaux. Pour le dirigeant syndical, cette méthode de travail rompt avec les principes du dialogue social et risque d’alimenter les tensions entre le gouvernement et les organisations représentatives des travailleurs.

Le précédent de la Prime d’incitation à la performance

Dans son intervention, Pierre Mintsa revient également sur la mise en œuvre de la Prime d’incitation à la performance (PIP), instaurée en 2015. Il affirme que le système d’évaluation ayant servi de base à cette prime n’a pas permis de récompenser les agents les plus méritants, dénonçant des disparités importantes dans son attribution.

Il cite cette expérience pour mettre en garde contre une nouvelle réforme qui, selon lui, pourrait fragiliser davantage les garanties statutaires des fonctionnaires.

Un appel direct au chef de l’État

S’adressant directement au président Brice Clotaire Oligui Nguema, Pierre Mintsa lui demande de ne pas valider une éventuelle ordonnance supprimant les avancements automatiques. Il assure que les organisations syndicales sont disposées à contribuer à une réforme du statut général des fonctionnaires, à condition que celle-ci fasse l’objet d’une véritable concertation. Le responsable syndical conclut en estimant qu’il est encore possible de moderniser la loi tout en préservant les avancements automatiques, éventuellement à travers un mécanisme réaménagé plutôt que supprimé.

Pour l’heure, les autorités compétentes n’ont pas publiquement confirmé l’existence ni le contenu du projet de réforme évoqué par Pierre Mintsa. Les affirmations du responsable syndical reflètent donc sa position et ses préoccupations, dans l’attente d’une communication officielle du gouvernement sur cette question.

Paul Nkori

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