Libreville, (GM)- Réunis à Libreville les 21 et 22 mai dernier, les responsables de l’Interafricaine de la prévention des risques professionnels (IAPRP) ont adopté, au terme de leurs travaux, une série de recommandations destinées à renforcer la gouvernance, assainir les finances et moderniser le fonctionnement de l’organisation panafricaine spécialisée dans la prévention des risques professionnels et la sécurité au travail.
Organisée au Complexe hôtelier de la Sablière, cette Assemblée générale extraordinaire a rassemblé des délégations issues de neuf pays membres sur les seize que compte l’organisation. Plusieurs directeurs généraux d’organismes nationaux de sécurité sociale, accompagnés d’experts en sécurité et santé au travail, ont pris part aux échanges.
La rencontre intervenait dans un contexte marqué par des difficultés institutionnelles et financières ayant conduit les membres à accélérer les réformes internes engagées depuis l’Assemblée extraordinaire de Bamako, tenue en février 2025.
Une réforme profonde de la gouvernance
Présidant les travaux, le directeur général de la CNSS du Gabon et président en exercice de l’IAPRP, Dr Olivier Rebienot Pellegrin, a insisté sur la nécessité de consolider l’organisation autour des valeurs de solidarité, de coopération technique et de justice sociale.
Au centre des discussions figurait la révision des statuts et du règlement intérieur de l’institution. Les participants ont notamment validé plusieurs amendements visant à clarifier les missions de l’IAPRP, renforcer sa cohérence normative et mieux définir les catégories de membres.
Parmi les principales évolutions adoptées figurent l’inscription explicite de la mission de promotion de la prévention des risques professionnels à l’échelle africaine, la fixation de la durée de l’organisation à 99 ans ainsi qu’une distinction plus nette entre membres disposant d’une voix délibérative et membres observateurs. Les textes révisés seront toutefois transmis à une commission ad hoc chargée d’approfondir certaines dispositions avant leur adoption définitive.
Des inquiétudes sur la situation financière
Les questions financières ont également occupé une place centrale durant cette session extraordinaire. La présentation de l’état des contributions des membres a mis en évidence l’importance des arriérés de cotisations accumulés par plusieurs institutions affiliées.
Les délégations ont demandé une clarification plus rigoureuse entre cotisations courantes et dettes antérieures, tout en insistant sur la nécessité d’améliorer la traçabilité des transferts bancaires effectués via le système SWIFT.
L’IAPRP envisage désormais d’effectuer des missions de vérification auprès des organismes présentant des arriérés significatifs afin d’évaluer leur niveau réel d’engagement et de sécuriser les ressources de l’organisation.
Le recrutement du futur secrétaire général relancé
Autre sujet majeur : le recrutement du futur Secrétaire général de l’IAPRP, rendu nécessaire après le départ à la retraite du précédent titulaire du poste. Les participants ont décidé de prolonger de deux semaines le délai de dépôt des candidatures et de mettre en place une commission ad hoc chargée d’examiner les dossiers avant la prochaine Assemblée générale ordinaire.
Les membres ont retenu l’option consistant à assurer la prise en charge du Secrétaire général par sa caisse d’origine, une formule présentée comme plus soutenable financièrement pour l’organisation.
Le siège de Bamako toujours en attente
Les discussions ont également porté sur le déploiement effectif du Secrétariat général au siège de Bamako, au Mali. Les participants ont toutefois reconnu que cette installation restait conditionnée à la conclusion d’un accord de siège entre l’IAPRP et les autorités maliennes.
En attendant, les parties se sont engagées à accélérer les démarches administratives et logistiques nécessaires à cette implantation.
Cap sur Dakar 2027
Au terme des travaux, l’Assemblée générale extraordinaire a adopté cinq recommandations majeures portant sur la gouvernance, les finances, le recrutement du Secrétaire général, le déploiement du siège de Bamako et la mobilisation des membres en vue du 24e Congrès mondial « Safety and Health at Work », prévu à Dakar en avril 2027.
Les participants ont également pris acte des prochaines échéances institutionnelles, notamment l’Assemblée générale ordinaire prévue à Kankan, en Guinée, les 24 et 25 juin 2026, ainsi que la rencontre SYAPRO programmée à Ouagadougou en septembre prochain.
Clôturant les travaux, Dr Olivier Rebienot Pellegrin a salué « l’esprit de consensus » ayant marqué les échanges et réaffirmé l’ambition de faire de l’IAPRP un instrument africain plus efficace au service de la prévention des risques professionnels et de la santé au travail.
VYL

