Libreville, (GM)- Face à la hausse persistante du coût de la vie, le Gouvernement gabonais a organisé, ce samedi, le Méga marché de la centrale d’achat du Gabon (CEAG), sur l’esplanade du stade d’Angondjé, dans la commune d’Akanda. Une opération pilotée par le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la lutte contre la vie chère, Thierry Minko, accompagné de son ministre délégué Marc Abeghe.
Dès les premières heures, le site a connu une affluence exceptionnelle. Des milliers de citoyens, venus de différents quartiers du Grand Libreville, se sont rués vers les stands afin de s’approvisionner en produits de première nécessité à des prix jugés plus accessibles.
Des produits essentiels à prix réduits
Volaille, viande, riz, huile, conserves, pâtes alimentaires, produits laitiers, articles d’entretien et d’hygiène : la gamme proposée a couvert l’essentiel des besoins des ménages. Selon les autorités, l’objectif principal est de permettre un accès immédiat à des denrées de base à des coûts réduits, dans un contexte où de nombreuses familles dénoncent depuis plusieurs mois l’érosion de leur pouvoir d’achat.
Le ministre Thierry Minko a insisté sur la portée politique et économique de cette initiative, qu’il présente comme une action concrète impulsée par le chef de l’État. « La centrale d’achat, c’est une initiative du chef de l’État. Aujourd’hui, nous voulons montrer que ce n’est pas une vue de l’esprit, mais une réalité », a-t-il déclaré devant les populations.
Des écarts de prix mis en avant
Le ministre a notamment cité le prix du sac de riz de 44 kg vendu à 20 000 FCFA, contre 25 000 FCFA dans d’autres circuits de distribution. Pour les consommateurs présents, cette différence représente un gain non négligeable, surtout dans les foyers à revenus modestes.
Cet argument sur les écarts de prix a été au cœur de la communication gouvernementale, visant à démontrer que la CEAG peut devenir un outil de régulation efficace, en réduisant les marges excessives et en limitant les pratiques spéculatives.
Une opération prolongée face à l’affluence
Face à l’engouement massif, les organisateurs ont décidé de prolonger l’opération au dimanche 26 avril 2026, toujours au stade d’Angondjé, afin de permettre à un plus grand nombre de Gabonais de bénéficier de cette vente exceptionnelle. Cette prolongation témoigne autant de l’intérêt populaire que de la pression sociale autour de la question de la vie chère, devenue l’une des préoccupations majeures des populations urbaines.
Vers un réseau permanent dans les quartiers
Au-delà de l’événement ponctuel, le gouvernement annonce une stratégie plus durable : la mise en place d’un réseau structuré de distribution dans les quartiers du Grand Libreville. L’ambition affichée est claire : proposer les mêmes produits aux mêmes prix dans des points de vente labellisés « Centrale d’achat ».

Selon les autorités, cette extension devrait ensuite concerner les principales villes de l’intérieur du pays, afin d’éviter que l’initiative ne reste concentrée uniquement sur la capitale et sa périphérie.
Une réforme économique aux enjeux multiples
Créée en 2025 et devenue opérationnelle en avril 2026, la Centrale d’achat du Gabon est présentée comme une réforme majeure. Son rôle s’étend de l’importation à la distribution, en passant par le stockage et le contrôle qualité. Elle vise à réduire les coûts intermédiaires et à améliorer l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement.
Cependant, plusieurs défis restent en suspens : capacité de stockage, continuité des approvisionnements, contrôle strict des prix, mais aussi résistance potentielle de certains circuits commerciaux traditionnels.
Contrôle annoncé pour éviter les dérives
Conscient des risques de contournement et de revente parallèle, le Gouvernement annonce un mécanisme de contrôle renforcé. Des équipes seraient déployées sur le terrain, accompagnées d’outils de vérification accessibles aux consommateurs, afin de garantir l’authenticité du label « Centrale d’Achat » et le respect des prix officiels.
Un soulagement immédiat, une attente sur la durée
Sur place, de nombreux citoyens ont salué l’initiative, exprimant leur satisfaction face à la disponibilité des produits et à la baisse constatée des prix. Pour beaucoup, ce méga marché représente un soulagement immédiat dans un contexte économique tendu.
Reste désormais à savoir si cette politique pourra s’inscrire dans la durée, avec une distribution régulière, des stocks suffisants et une couverture nationale effective.
Car au-delà de l’effet d’annonce, c’est la capacité de la CEAG à stabiliser durablement les prix qui déterminera son impact réel sur le quotidien des ménages gabonais. En lançant ce méga marché, le gouvernement réaffirme sa volonté d’agir contre la vie chère.
Mais l’opinion attend désormais une chose : que cette opération ponctuelle devienne un mécanisme permanent, transparent et accessible à tous.
Paul Nkori

