Accès au logement : l’AGUB plaide pour une réforme de la quotité cessible

Libreville, (GM)- L’Association gabonaise des usagers des banques (AGUB) propose au gouvernement de la 5ᵉ République une réforme de la quotité cessible applicable aux salariés des secteurs public et privé. Présentée comme un levier destiné à faciliter l’accès à la propriété, cette initiative intervient dans un contexte marqué par le lancement de plusieurs projets de logements, notamment à Bikélé et Essassa 2.

Dans un communiqué publié ce lundi 8 juin, l’organisation estime que les règles actuelles limitent la capacité d’emprunt de nombreux ménages gabonais et constituent un frein à l’acquisition de logements. Pour y remédier, elle préconise l’instauration d’un système progressif de quotité cessible, c’est-à-dire la part maximale du revenu pouvant être affectée au remboursement d’un crédit.

Selon la proposition de l’Agub, les revenus les plus modestes continueraient de bénéficier d’un niveau de protection relativement élevé, avec une quotité cessible fixée à 33 % pour les salaires allant du SMIG à 200 000 FCFA. Ce taux augmenterait progressivement pour atteindre 57 % pour les revenus supérieurs à 2 millions de FCFA.

Une mesure pour soutenir l’accession à la propriété

Pour ses promoteurs, cette réforme permettrait d’accroître la capacité d’endettement des ménages et, par conséquent, de faciliter l’accès au crédit immobilier. L’association considère qu’une telle évolution contribuerait à renforcer l’efficacité des politiques publiques en matière d’habitat, en donnant aux travailleurs les moyens financiers d’acquérir les logements construits dans le cadre des programmes gouvernementaux.

L’Agub souligne également que plusieurs pays africains ont adopté des mécanismes plus souples d’évaluation de la capacité d’endettement des emprunteurs. Elle cite notamment l’exemple de la Côte d’Ivoire, où certaines dispositions visent à favoriser l’accès au financement immobilier.

Selon l’association, le succès des programmes de logements ne repose pas uniquement sur l’offre immobilière disponible, mais également sur la capacité réelle des ménages à mobiliser les ressources nécessaires pour accéder à la propriété.

Des interrogations sur le risque de surendettement

Si l’objectif d’élargir l’accès au logement fait largement consensus, la proposition pourrait néanmoins susciter des débats parmi les économistes, les établissements bancaires et les acteurs de la protection sociale.

En effet, une augmentation de la quotité cessible permet certes d’obtenir des financements plus importants, mais elle réduit également la part du revenu disponible pour faire face aux dépenses courantes des ménages. Certains observateurs pourraient ainsi s’interroger sur les risques de surendettement, notamment dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et les incertitudes économiques.

La question de l’équilibre entre accès au crédit et préservation du pouvoir d’achat devrait donc occuper une place centrale dans les discussions éventuelles autour de cette réforme.

Un débat appelé à s’ouvrir

A ce stade, le gouvernement ne s’est pas encore officiellement prononcé sur la proposition de l’Agub. Toutefois, cette initiative relance le débat sur les mécanismes les plus adaptés pour soutenir l’accession à la propriété au Gabon.

Entre nécessité de stimuler le crédit immobilier et impératif de protéger les revenus des ménages, la réforme de la quotité cessible apparaît comme un sujet aux implications économiques et sociales importantes. Son examen pourrait contribuer à enrichir la réflexion nationale sur les moyens de rendre le logement plus accessible à un plus grand nombre de Gabonais.

Paul Nkori

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