Libreville, (GM)- Comme presque que de coutume au sein de cet ordre religieux, la succession à la tête de l’Église évangélique du Gabon (EEG) ouvre une nouvelle séquence de tensions. Le Révérend Moïse Ovono Menié affirme avoir été désigné président de l’institution à l’issue d’un consensus entre trois candidats, avant de contester la procédure ayant conduit à la proclamation du révérend Jean-Jacques Daniel Ndong Ndemba.
La crise de succession à la tête de l’Église Évangélique du Gabon prend une tournure ouvertement conflictuelle. Dans une déclaration vidéo rendue publique à la suite des travaux du synode, le Révérend Moïse Ovono Menié affirme avoir été désigné nouveau pasteur président de l’Église évangélique du Gabon, au terme d’un consensus intervenu entre les trois candidats à la présidence.
Selon son récit, cette désignation serait intervenue le dimanche 9 août 2026, en fin d’après-midi, à l’issue des discussions entre les candidats. Le pasteur explique qu’il attendait ensuite la mise en œuvre du programme annoncé par le modérateur du synode, notamment la cérémonie d’installation et la clôture des travaux prévues le lundi 10 août à 16 heures. C’est précisément cette séquence que le Révérend Ovono Menié conteste.
Une procédure vivement contestée
Dans une déclaration lue devant la presse, le pasteur affirme que le vice-modérateur aurait pris la présidence du synode sans, selon lui, « habilitation expresse du modérateur ». Il estime que cette démarche serait contraire aux dispositions réglementaires régissant le fonctionnement du synode, citant notamment les articles 57 et 50 des textes directeurs de l’institution.
Le Révérend Ovono Menié accuse par ailleurs le vice-modérateur d’avoir, avec le président sortant, le Révérend Augustin Ntoutoume Ngoua, remis en cause le consensus qui aurait été obtenu la veille entre les trois prétendants à la présidence. Il soutient que, malgré les appels à la concertation formulés au sein du synode, le vice-modérateur aurait décidé de soumettre la succession à un vote. Mais, selon le Révérend Ovono Menié, ce vote n’aurait finalement pas eu lieu.
Une proclamation qualifiée de « nulle et non avenue »
C’est dans ce contexte que le Révérend Jean-Jacques Daniel Ndong Ndemba aurait été proclamé président de l’Église Évangélique du Gabon. Une décision que Moïse Ovono Menié rejette catégoriquement. « Cette proclamation, non, que dis-je, cette nomination est nulle et non avenue », affirme-t-il dans sa déclaration.
Fort de sa lecture de la procédure et du consensus intervenu la veille, il revendique par conséquent la qualité de nouveau pasteur président de l’Église Évangélique du Gabon.
Cette déclaration introduit ainsi une situation inédite : deux légitimités présidentielles sont désormais revendiquées autour de la succession à la tête de l’EEG, sur fond de désaccord concernant la régularité de la procédure synodale.
Un culte d’installation annoncé à Baraka Mission
Loin de s’arrêter à la contestation de la procédure, le Révérend Moïse Ovono Menié annonce son installation officielle. Il invite ainsi les fidèles et l’ensemble de la communauté chrétienne à prendre part à un culte d’installation prévu mercredi 12 août 2026 à Baraka Mission, à partir de 16 heures. « La présence de toute la communauté chrétienne est vivement souhaitée », déclare-t-il.
Cette annonce pourrait constituer une étape décisive dans la clarification de la crise actuelle, alors que la question de la légitimité de la nouvelle direction de l’Église reste manifestement contestée.
Une crise désormais institutionnelle
Au-delà de la rivalité entre les candidats, l’affaire pose désormais la question de la régularité des procédures de désignation et de proclamation au sein de l’Église Évangélique du Gabon. Les accusations formulées par le Révérend Moïse Ovono Menié devront toutefois être confrontées aux explications des autres responsables concernés, notamment du vice-modérateur, du président sortant Augustin Ntoutoume Ngoua et du Révérend Jean-Jacques Daniel Ndong Ndemba.
A ce stade, la déclaration de Moïse Ovono Menié constitue donc avant tout une contestation publique de la procédure et de la proclamation annoncée au terme du synode.
Une clarification officielle des instances compétentes de l’Église Évangélique du Gabon apparaît désormais indispensable pour déterminer les conditions exactes dans lesquelles la succession a été arbitrée et, surtout, quelle autorité est habilitée à exercer la présidence de l’institution.
Une chose est certaine : à l’issue du synode des 9 et 10 août, l’Église Évangélique du Gabon se retrouve, comme par le passé, confrontée à une crise de légitimité dont l’issue pourrait désormais dépendre autant des textes régissant l’institution que de la capacité de ses responsables à renouer le dialogue.
VYL

