Réception du PDG à la Présidence de la République : Stéphane Iloko dénonce des indignations à géométrie variable

Libreville, (GM)- La réception des responsables du Parti démocratique gabonais (PDG) au palais présidentiel, le vendredi 30 octobre 2026, continue de susciter des réactions dans le paysage politique national. Au cœur des controverses : le port des tenues aux couleurs de cette formation politique lors de cette audience avec le chef de l’État. Face aux critiques, le président du Large Rassemblement Arc-en-ciel (LRA), le Dr Stéphane Germain Iloko Boussengui, appelle à davantage de cohérence dans l’appréciation des pratiques institutionnelles.

Dans une tribune politique intitulée « PDG à la Présidence en tenue du parti : qu’est-ce qui gêne et pourquoi cela gêne-t-il ? », le responsable politique invite les acteurs de la scène publique à dépasser les indignations qu’il juge sélectives. Pour lui, le principe même de la réception d’une formation politique par le président de la République ne saurait constituer une anomalie, dès lors que d’autres partis, y compris d’anciens adversaires politiques, ont déjà bénéficié du même privilège.

Il rappelle notamment que plusieurs formations politiques, appartenant aussi bien à la majorité présidentielle qu’à d’autres sensibilités, ont été reçues par le chef de l’État. Il s’interroge dès lors sur l’absence de contestations comparables lors de ces précédentes audiences.

Le président du LRA établit également un parallèle avec les rencontres organisées avec des responsables religieux, notamment ceux des Églises évangéliques, des Églises de réveil et du clergé. A ses yeux, la cohérence républicaine commande d’appliquer les mêmes principes à toutes les sensibilités, qu’elles soient politiques, confessionnelles ou associatives.

La question du port des couleurs du PDG au cœur du débat

Si Stéphane Germain Iloko Boussengui ne trouve rien de particulièrement choquant dans le principe de cette réception, il estime néanmoins que la question mérite d’être examinée sous un angle plus précis : celui des conditions dans lesquelles elle s’est déroulée.

La présence des attributs et des couleurs du PDG à la présidence constitue, selon lui, un véritable sujet de discussion. Il interroge notamment les conditions dans lesquelles cette décision a été prise et les critères ayant justifié un tel choix.

Évoquant la tradition vestimentaire instaurée chaque vendredi sous la Ve République, notamment autour du port du pagne africain, il soulève une interrogation supplémentaire : le pagne arboré par les représentants du PDG répond-il véritablement à cette exigence culturelle ou s’agit-il avant tout d’un signe d’appartenance politique ?

Une manière de déplacer le débat vers les règles protocolaires et institutionnelles, plutôt que de l’enfermer dans des considérations partisanes.

Les turbulences internes du PDG, une affaire qui concerne d’abord ses militants

Dans sa tribune, le président du LRA revient également sur la situation interne du Parti démocratique gabonais, actuellement traversé par des tensions et des divergences sur son avenir.

Depuis la dernière sortie publique d’Ali Bongo Ondimba, les interrogations sur la cohésion et la survie politique de cette formation se sont accentuées. Stéphane Germain Iloko Boussengui rappelle notamment les tensions qui ont marqué le parti lors des élections couplées de septembre 2025, période durant laquelle une médiation du président de la République du Congo aurait contribué à éviter une aggravation de la crise.

Il évoque également les conditions dans lesquelles le PDG s’est repositionné après les événements du 30 août 2023, notamment son soutien aux nouvelles autorités de la Transition et la mise en place d’un bureau dont la légitimité statutaire avait été contestée.

Pour lui, les difficultés actuelles du parti, y compris les divergences autour de l’organisation de son prochain congrès, relèvent essentiellement de sa vie interne. Elles ne devraient donc pas être systématiquement transformées en une question nationale

Dépasser les rancœurs politiques pour préserver la cohérence républicaine

Au-delà du cas du PDG, Stéphane Germain Iloko Boussengui inscrit son analyse dans une réflexion plus large sur l’évolution de la vie politique gabonaise, trois ans après le coup d’État du 30 août 2023.

Il appelle les acteurs politiques et les citoyens à dépasser les réflexes de confrontation permanente, à accepter le pluralisme et à faire preuve d’une plus grande exigence démocratique.

Sans occulter les critiques que l’on peut légitimement adresser au PDG pour son histoire, ses pratiques et sa longue gestion du pouvoir, il considère que ces griefs ne sauraient justifier un traitement institutionnel différent de celui réservé aux autres formations politiques.

En définitive, le président du Large Rassemblement Arc-en-ciel défend une position fondée sur un principe qu’il considère essentiel : la cohérence républicaine. Autrement dit, les mêmes règles et les mêmes exigences doivent s’appliquer à tous, indépendamment des appartenances et des affinités politiques.

Une prise de position qui relance, au-delà de la polémique autour de la réception du PDG, le débat sur la neutralité des institutions, les usages protocolaires de la présidence de la République et les exigences d’équité dans la pratique démocratique gabonaise.

VYL

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