Enseignement supérieur : le gouvernement reconnaît une dette réelle aux établissements de plus de 2,4 milliards de FCFA

Libreville, (GM)- Le ministre de l’Enseignement supérieur,  Pr Charles Edgard Mombo a annoncé, au cours d’une conférence de presse effectuée ce lundi 13 juillet à Libreville, que le gouvernement s’apprête à régler les vacations dues aux enseignants-chercheurs des établissements publics d’enseignement supérieur, tout en révélant que l’audit ordonné par les autorités à ce sujet a mis en évidence un écart de plus d’un milliard de francs CFA entre les montants initialement déclarés et ceux finalement validés.

Selon le membre du gouvernement, les douze établissements publics d’enseignement supérieur avaient déclaré une dette globale de 3,488 milliards de FCFA au titre des vacations. A l’issue de l’audit conduit par le ministère de l’Économie et des Finances, le montant reconnu comme effectivement dû s’établit à 2,428 milliards de FCFA, soit un écart de 1,060 milliard de FCFA.

Pour le membre du gouvernement, cet écart justifie la poursuite des investigations afin de déterminer les responsabilités éventuelles. Il a annoncé que le rapport définitif sera transmis au ministère de la Justice, conformément aux instructions des plus hautes autorités de l’État, afin que d’éventuelles suites judiciaires soient données si des irrégularités sont établies.

Plus de 700 millions de FCFA annoncés pour l’USTM

Evoquant la situation de l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM), entrée en grève vendredi dernier, le ministre s’est dit surpris par ce mouvement social alors que, selon lui, le processus de décaissement des fonds est déjà engagé.

Il a indiqué qu’une enveloppe de plus de 700 millions de FCFA a déjà été mise à disposition par le Trésor public pour permettre le paiement d’une partie de la dette de l’établissement, évaluée à 1,206 milliard de FCFA. Il a assuré que ces fonds devraient être disponibles dans les comptes de l’université dans les prochains jours, permettant ainsi le règlement des vacations.

Le ministre a appelé les enseignants-chercheurs de l’USTM à donc reprendre les cours, estimant que le gouvernement a pris les dispositions nécessaires pour répondre à leurs revendications financières.

Un audit présenté comme un exercice d’assainissement

Le responsable de l’Enseignement supérieur a expliqué que l’audit réalisé avait pour objectif de déterminer les montants réellement dus, d’identifier les bénéficiaires légitimes des vacations et de vérifier la conformité des taux horaires ainsi que des modalités d’attribution.

L’opération, qui a concerné près de 5 700 bénéficiaires répartis dans douze établissements, a nécessité plusieurs semaines de travail, a-t-il précisé.

Selon l’intervenant, cette démarche s’inscrit dans une politique plus large de renforcement de la gouvernance des finances publiques, déjà appliquée auparavant au secteur de l’Éducation nationale.

Vers une réforme des règles de rémunération

Le ministre a également annoncé la réécriture du décret n°011 du 7 mars 2023 fixant les obligations de service des enseignants-chercheurs. A ses yeux, ce texte permettait une application variable des taux horaires d’un établissement à l’autre, avec des rémunérations oscillant entre 10 000 FCFA et près de 30 000 FCFA par heure selon les situations. La réforme engagée vise à harmoniser ces modalités afin de garantir davantage d’équité entre les enseignants.

Le projet de nouveau décret se trouverait actuellement au Secrétariat général du gouvernement, où il poursuivrait son circuit administratif.

Appel à un changement de mentalité

Au-delà des aspects financiers, le ministre a insisté sur la nécessité, selon lui, d’un changement de pratiques au sein de l’enseignement supérieur. Il a invité les enseignants-chercheurs à respecter davantage les règles de gestion publique et à contribuer au renforcement de la crédibilité des universités gabonaises.

Rendant hommage aux efforts du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, il a affirmé que le gouvernement demeure déterminé à restaurer un enseignement supérieur « de qualité » et à honorer progressivement les engagements financiers de l’État envers les universités.

Si le gouvernement assure que les paiements interviendront dans les prochains jours, les organisations syndicales concernées n’ont pas encore officiellement réagi à ces nouvelles annonces. Leur position sera particulièrement attendue quant à la reprise effective des activités académiques et aux conclusions de l’audit.

VYL

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