Libreville, (GM)- Après deux jours d’intenses réflexions au Palais Léon Mba de Libreville, le séminaire de haut niveau des présidents des Parlements africains s’est achevé sur une série de recommandations majeures visant à renforcer le rôle des institutions législatives dans les processus de transition et de consolidation démocratique sur le continent.
Organisée conjointement par l’Assemblée nationale gabonaise et l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA International), cette rencontre a réuni des présidents de parlements, des experts internationaux et des partenaires institutionnels autour du thème : « De la transition à la consolidation des acquis de la refondation : pour des Parlements crédibles, inclusifs et résilients ».
Durant quarante-huit heures, les participants ont examiné les défis auxquels sont confrontés plusieurs États africains engagés dans des phases de transition ou de post-transition, avec en toile de fond les questions de gouvernance démocratique, de stabilité institutionnelle et de participation citoyenne.
Le Parlement, pilier des transitions réussies
Au cours des travaux, les responsables parlementaires ont unanimement souligné le rôle stratégique des assemblées législatives dans l’accompagnement des transformations politiques.
Le président de l’Assemblée nationale du Tchad, Ali Kolotou Tchaïmi, a notamment rappelé que les institutions parlementaires doivent contribuer activement à la stabilisation des États tout en renforçant le contrôle démocratique et la représentation des citoyens.
Même tonalité du côté du président de l’Assemblée nationale du Gabon, Michel Régis Onanga Ndiaye, qui a insisté sur l’urgence de restaurer la confiance entre les populations et les institutions publiques. Selon lui, les parlements demeurent des acteurs incontournables de la légitimité démocratique et de l’État de droit, particulièrement dans les contextes de refondation institutionnelle.
Pour le secrétaire général de l’Union interparlementaire, Martin Chungong, la réussite des transitions passe également par une coopération accrue entre les institutions législatives africaines. Il a plaidé pour un renforcement des échanges d’expériences et du dialogue parlementaire afin de favoriser l’émergence de solutions adaptées aux réalités du continent.
Des experts mobilisés autour des enjeux de gouvernance
Les différentes sessions ont permis d’aborder plusieurs thématiques majeures liées à la pérennisation des acquis des transitions.
Les experts Nassirou Arifari Bako, ancien ministre béninois des Affaires étrangères, et le consultant sénégalais Ibrahima Niane ont mis l’accent sur la nécessité de bâtir des institutions solides et de conduire des réformes structurelles capables de garantir une stabilité politique durable.
La question de l’engagement citoyen a également occupé une place centrale dans les échanges. Les consultants Socé Sène et Christine Atoemne Mensah ont souligné que l’implication effective des citoyens, des jeunes et des femmes constitue l’un des fondements essentiels de la légitimité démocratique et de l’appropriation des réformes.
Les participants se sont par ailleurs penchés sur les problématiques de sécurité, de droits humains et de gouvernance des ressources naturelles, considérées comme des facteurs déterminants pour la réussite des processus de transition.
Les débats ont enfin porté sur les défis émergents auxquels devront faire face les institutions parlementaires, notamment ceux liés aux mutations technologiques et à l’intelligence artificielle. A ce sujet, Nassirou Arifari Bako a appelé les parlements africains à développer des capacités d’anticipation afin de renforcer leur résilience face aux transformations du monde contemporain.
Des recommandations pour des institutions plus fortes
À l’issue du séminaire, plusieurs recommandations ont été adoptées. Les participants ont notamment préconisé le renforcement des capacités des institutions parlementaires afin d’améliorer leurs fonctions législatives et de contrôle de l’action gouvernementale.
Ils ont également appelé à une participation plus importante des citoyens, des jeunes et des femmes dans les mécanismes de gouvernance, tout en encourageant l’adoption de réformes favorisant la transparence, la redevabilité et le respect de l’État de droit.
Autre axe majeur : le développement de la coopération interparlementaire à l’échelle régionale et internationale afin de favoriser le partage des bonnes pratiques et de relever collectivement les défis communs auxquels sont confrontées les démocraties africaines.
Au terme de ces deux journées d’échanges, le séminaire de Libreville s’impose comme une plateforme stratégique de réflexion sur l’avenir des transitions politiques en Afrique. Aux dires de certains observateurs, les recommandations formulées témoignent d’une volonté commune de faire des parlements des institutions plus crédibles, plus inclusives et davantage capables de répondre aux attentes des citoyens dans un contexte continental en pleine mutation.
VYL

