Crise au PDG : Yves Fernand Manfoumbi en chantre du dialogue

Libreville, (GM)- Les lignes bougent au Parti démocratique gabonais (PDG). La récente mise en demeure portée par Ali Akbar Onanga Y’Obegue, agissant au nom d’Ali Bongo Ondimba, à l’endroit de la direction actuelle dite « tendance Blaise Louembe », ravive quelque peu les tensions internes et suscite des réactions parmi les militants.

Dans ce contexte sensible, Yves Fernand Manfoumbi, Vice-Président au sein de l’équipe en place, par le truchement de sa page facebook ce mardi 3 mars, est sorti de sa réserve pour appeler à l’apaisement et à la concertation. Sans nier l’existence de divergences, il insiste sur la nécessité de préserver l’essentiel : l’unité et la crédibilité du parti.

Des divergences assumées, mais encadrées

Pour le hiérarque PDGiste, les tensions observées ne sont pas inédites dans la vie d’une formation politique d’envergure nationale. « Les divergences sont naturelles dans toute organisation vivante », rappelle-t-il en substance. Sensibilités différentes, lectures stratégiques opposées, ambitions concurrentes : autant d’éléments qui, selon lui, ne doivent pas dégénérer en fractures durables.

Il souligne que le PDG repose sur des textes, des organes et des procédures clairement établis. A ses yeux, ces mécanismes constituent les seules voies légitimes pour trancher les différends internes. « Les règles ne sont pas des contraintes arbitraires, mais les garanties de l’équité et du respect mutuel », martèle-t-il.

Une séquence politique sous haute surveillance

La mise en demeure transmise par Ali Akbar Onanga, interprétée par certains comme une volonté de reprise en main ou de clarification institutionnelle, intervient dans un climat politique national marqué par des recompositions et de fortes attentes citoyennes.

Dans ce contexte, Yves Fernand Manfoumbi met en garde contre toute escalade. « La division serait un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre », affirme-t-il, estimant que les citoyens attendent des responsables politiques maturité et hauteur de vue.

L’héritage comme fil conducteur

Son appel s’inscrit également dans une dimension mémorielle. Il évoque avec respect le président fondateur du parti, Omar Bongo Ondimba, ainsi que les générations de militants qui ont porté le PDG dans les neuf provinces du pays. Des courants internes, tels que ceux des « appelistes», « rénovateurs » ou de « héritage et modernité », ont traversé l’histoire du parti sans, selon lui, éteindre « la flamme » ni rompre « la main tendue ».

Cette référence à l’héritage vise à rappeler que le PDG a déjà connu des moments de tension par le passé et qu’il en est sorti consolidé.

Dialogue ou rupture ?

Au fond, l’intervention de Manfoumbi trace une ligne claire : privilégier la concertation plutôt que la confrontation. Il appelle au retour à la table des discussions, au rôle plein et entier des instances compétentes et à un arbitrage conforme aux textes.

« La force d’une organisation ne réside pas dans l’absence de désaccords, mais dans sa capacité à les dépasser », affirme-t-il, plaidant pour une transformation de cette séquence en opportunité de clarification et de consolidation.

Alors que les regards restent tournés vers l’évolution de ce bras de fer interne, une question demeure : le dialogue l’emportera-t-il sur la défiance au sein du Parti démocratique gabonais ?

Pour Yves Fernand Manfoumbi, le choix est déjà fait : celui de la cohésion, par responsabilité plus que par calcul.

Simplice Rabaguino

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