Libreville, (GM)- La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) vient de clarifier les règles applicables à l’âge de départ à la retraite au Gabon. Dans un communiqué daté du 31 août 2026, l’organisme rappelle que l’âge légal d’admission à la retraite est fixé à 60 ans révolus, tout en précisant que certaines catégories de travailleurs peuvent bénéficier de dispositions dérogatoires.
Cette mise au point intervient alors que les questions relatives à l’âge de départ à la retraite suscitent régulièrement des interrogations chez les salariés et les employeurs.
60 ans, la règle générale
Selon la CNSS, les dispositions combinées de la loi n°022/2021 du 19 novembre 2021 portant Code du travail et de la loi n°037/2023 du 17 juillet 2023 modifiant le Code de sécurité sociale fixent à 60 ans révolus l’âge d’admission à la retraite. Il s’agit donc de l’âge de référence applicable aux travailleurs relevant du régime général de sécurité sociale.
La CNSS souligne toutefois que cette règle connaît des exceptions liées à la nature de certaines activités professionnelles.
Des départs possibles entre 55 et 65 ans
Pour certains secteurs ou emplois présentant des caractéristiques particulières, l’âge de départ peut être aménagé. Il peut ainsi être ramené à 55 ans au moins ou porté jusqu’à 65 ans au plus, selon les situations.
Sont notamment concernés les emplois considérés comme pénibles, dans les conditions prévues par le Code du travail, le Code de sécurité sociale ainsi que par le décret n°1498/PR/MTEPS du 29 décembre 2011 relatif aux dérogations à la limite d’âge de départ à la retraite.
Autrement dit, le simple fait d’exercer un métier considéré comme difficile ne suffit pas automatiquement à bénéficier d’un départ anticipé. L’éligibilité à une dérogation doit s’inscrire dans le cadre réglementaire prévu à cet effet.
La CNSS exige davantage de précisions des employeurs
Le communiqué met également l’accent sur une question particulièrement importante pour les futurs retraités : les informations figurant sur les documents de cessation d’activité.
Lorsqu’un travailleur part à la retraite, l’employeur devra désormais veiller à renseigner précisément, sur le certificat de travail ou le certificat de cessation d’activité, le secteur d’activité de l’entreprise, la catégorie socioprofessionnelle du salarié ainsi que le métier exercé ou, à défaut, les principales tâches effectivement réalisées. Pour la CNSS, ces renseignements sont indispensables pour déterminer correctement les droits à pension et vérifier si le travailleur peut prétendre à un régime dérogatoire concernant l’âge de départ.
Une réforme motivée par la soutenabilité du système
La Caisse justifie également ces évolutions par la nécessité de préserver l’équilibre financier du système de retraite. Elle évoque notamment la volonté des pouvoirs publics de renforcer la soutenabilité du régime, de rapprocher le dispositif gabonais des standards régionaux et internationaux et de tenir compte de l’évolution de l’espérance de vie ainsi que des capacités de financement du régime.
Derrière cette clarification juridique se trouve donc un enjeu plus large : celui de la pérennité du système de retraite gabonais.
La CNSS appelle enfin les employeurs à respecter strictement ces prescriptions afin de permettre un traitement « diligent et sécurisé » des droits des assurés. Une précision qui devrait être suivie avec attention, notamment par les travailleurs approchant de l’âge de la retraite et par ceux qui estiment relever d’une catégorie professionnelle susceptible de bénéficier d’une dérogation.
Raphael Mouissy

