Libreville, (GM)- Face à la controverse suscitée par la signature, ce 28 juillet à Addis-Abeba, d’un accord d’engagement conjoint entre le Gabon et la Guinée équatoriale, la présidence de la République est sortie de son silence pour apporter des clarifications et tenter de dissiper les inquiétudes nées de nombreuses interprétations relayées dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Dans un communiqué lu ce mercredi par la porte-parole adjointe 2 de la présidence, Marie-Noëlle Ada Meyo, les autorités gabonaises affirment que le document signé en marge de la 49ᵉ session du Conseil exécutif de l’Union africaine ne remet nullement en cause l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de justice (CIJ) dans le différend frontalier opposant le Gabon à la Guinée équatoriale.
Un cadre pour appliquer la décision de la CIJ
Selon la présidence de la République, les deux États ont accepté la médiation de l’Union africaine afin de faciliter la mise en œuvre de la décision de la juridiction internationale. L’accord signé à Addis-Abeba constitue ainsi un cadre de travail destiné à organiser, dans un esprit de dialogue et de coopération, les modalités pratiques d’exécution de l’arrêt.
Pour ce faire, les deux pays se sont engagés à mettre en place un mécanisme conjoint, sous l’égide de l’Union africaine, chargé d’accompagner cette phase d’application des décisions de la Cour.
« Ni renégociation, ni abandon de souveraineté »
Répondant directement aux critiques formulées depuis la publication de l’accord, la Présidence insiste sur le fait qu’il ne s’agit « ni d’une nouvelle négociation sur la souveraineté, ni d’un abandon des intérêts de la Nation ». Le communiqué souligne que la démarche engagée est exclusivement technique et administrative et vise uniquement à assurer une exécution pacifique, concertée et conforme aux engagements internationaux du Gabon.
L’Union africaine saluée pour sa médiation
Le gouvernement gabonais met également en avant le rôle joué par l’Union africaine, dont les efforts de facilitation auraient permis de créer les conditions d’un dialogue constructif entre Libreville et Malabo. A travers cette approche, le Gabon réaffirme son attachement au respect du droit international, au règlement pacifique des différends et au maintien des relations de fraternité avec la Guinée équatoriale.
Appel à la responsabilité
En conclusion, la Présidence invite les Gabonais à faire preuve de discernement face aux informations circulant sur les réseaux sociaux et appelle à privilégier les communications officielles pour suivre l’évolution de ce dossier sensible.
Ce communiqué intervient dans un contexte où la signature de l’accord d’Addis-Abeba a suscité de nombreuses réactions et interrogations au sein de l’opinion publique, certains y voyant, à tort selon les autorités, une remise en cause de la décision rendue par la Cour internationale de justice.
Par cette mise au point, l’exécutif entend réaffirmer que le processus engagé concerne exclusivement les modalités pratiques de mise en œuvre de l’arrêt, dans le respect des engagements internationaux du Gabon.
Paul Nkori

