Libreville, (GM)- Le parti d’Anges Kevin Nzigou met en garde contre les conséquences de la suppression de l’avancement automatique des fonctionnaires et plaide pour une réforme fondée sur la concertation, l’équité et la transparence.
Le Front démocratique socialiste (FDS) est officiellement monté au créneau au sujet de la réforme de la fonction publique actuellement en préparation. Dans un communiqué publié le 24 juillet 2026, le parti présidé par Anges Kevin Nzigou exprime ses réserves sur le projet de suppression de l’avancement automatique des fonctionnaires et invite le gouvernement à suspendre toute décision définitive tant qu’un dialogue approfondi n’aura pas été engagé avec les partenaires sociaux.
Une réforme jugée sensible
Le FDS indique avoir pris connaissance des orientations retenues à l’issue de l’atelier de validation des projets de loi organisé par le ministère de la Fonction publique, au cours duquel a notamment été évoquée la volonté de remplacer l’avancement automatique par un système davantage fondé sur le mérite.
Pour cette formation politique, l’avancement automatique constitue un mécanisme essentiel de reconnaissance de l’expérience professionnelle, de stabilité des carrières et de sécurité pour les agents publics. Sa suppression, estime-t-elle, pourrait fragiliser les fonctionnaires si elle n’est pas accompagnée de garanties solides.
Le rappel des dix années de gel des carrières
Le communiqué souligne que cette réforme intervient dans un contexte particulier, marqué par près d’une décennie de gel des carrières dans la fonction publique gabonaise.
Selon le FDS, de nombreux agents attendent encore leur reclassement, leur avancement ou la régularisation de leur situation administrative. Dans ces conditions, le parti considère qu’engager une réforme remettant en cause l’avancement automatique avant le rétablissement complet des droits des fonctionnaires risquerait d’alimenter un profond sentiment d’injustice.
Un dialogue social jugé insuffisant
Le Front démocratique socialiste regrette également ce qu’il qualifie de faible implication des organisations syndicales dans un processus qui concerne directement des milliers d’agents publics.
Le parti estime qu’une réforme d’une telle portée ne peut être élaborée sans une concertation permanente, inclusive et sincère avec les représentants des travailleurs. A ses yeux, cette participation constitue une condition essentielle pour garantir la légitimité et l’acceptabilité des futures dispositions législatives.
Des craintes d’arbitraire
Le FDS attire par ailleurs l’attention sur les risques que pourrait entraîner un système d’avancement exclusivement fondé sur l’évaluation individuelle.
Sans critères objectifs, transparents, mesurables et identiques pour tous, le parti craint que le nouveau dispositif ne favorise des décisions discrétionnaires, le clientélisme ou des traitements inéquitables, en contradiction avec l’objectif affiché de promouvoir le mérite.
Un appel à la concertation
Tout en reconnaissant les contraintes budgétaires auxquelles l’État est confronté et la nécessité de maîtriser la masse salariale, le Front Démocratique Socialiste estime que les impératifs financiers ne doivent pas être les seuls déterminants de la réforme.
Le parti appelle ainsi le gouvernement à privilégier une véritable concertation avant toute adoption définitive des nouveaux textes. Il se dit disposé à contribuer à l’élaboration d’un dispositif conciliant modernisation de l’administration, maîtrise des finances publiques et protection des droits des agents publics.
Par cette prise de position, le FDS rejoint ainsi le débat grandissant autour de la réforme de la fonction publique, un chantier appelé à susciter de nombreuses discussions dans les semaines à venir entre le gouvernement, les syndicats, les partis politiques et l’ensemble des acteurs concernés.
VYL

