Libreville, (GM)- Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de diversification économique. La Direction générale de la Caisse de Stabilisation et de Péréquation (CAISTAB) a conclu, en juin 2026 à Abidjan, un partenariat stratégique avec le Conseil du café-cacao (CCC) et le Centre national de recherche agronomique (CNRA) de Côte d’Ivoire. Cet accord de coopération technique et scientifique ambitionne de redonner un nouvel élan aux filières cacao et café, longtemps marginalisées au Gabon.
La cérémonie de signature s’est tenue au siège du Conseil du CCC, en présence de l’ambassadeur du Gabon en Côte d’Ivoire, Fabrice Boussougou Boussougou, témoignant de l’importance diplomatique accordée à ce partenariat. Le document a été signé par Ismaël Gnamalengoungou Oligui, directeur général de la CAISTAB, Brahima Yves Koné, directeur général du Conseil du café-cacao, et le Professeur Abdourahamane Sangaré, directeur général du CNRA.
Au-delà de son caractère technique, cet accord illustre la volonté des deux États de renforcer leur coopération dans un secteur considéré comme stratégique pour le développement économique du continent.
L’aboutissement d’une dynamique engagée en 2024
Cette convention est l’aboutissement d’un processus lancé en avril 2024 lors de la visite de travail et d’amitié effectuée en Côte d’Ivoire par le président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’invitation de son homologue ivoirien, Alassane Dramane Ouattara. A cette occasion, les deux chefs d’État avaient fait de la coopération agricole un axe majeur de leur partenariat, avec pour ambition de promouvoir une coopération Sud-Sud fondée sur le partage d’expertise et le développement des filières à forte valeur ajoutée. Cette volonté politique avait notamment conduit à la réactivation de la Commission mixte Gabon–Côte d’Ivoire, chargée de donner un contenu concret aux engagements pris au plus haut niveau.
Des semences performantes et un transfert de savoir-faire
La convention repose sur plusieurs axes majeurs : l’acquisition de semences à haut rendement, le renforcement de la recherche-développement, l’assistance technique ainsi que la formation et le transfert de compétences.
L’un des principaux objectifs consiste à permettre au Gabon de bénéficier de l’expertise reconnue du CNRA, notamment à travers sa station de recherche de Divo. Cette dernière développe depuis plusieurs années des variétés améliorées de cacao et de café, adaptées aux défis climatiques actuels, tout en menant des recherches sur les maladies, les ravageurs et l’amélioration durable des rendements agricoles.
Grâce à ce partenariat, les producteurs gabonais pourront progressivement accéder à un matériel végétal plus performant ainsi qu’à des techniques culturales éprouvées ayant largement contribué au succès de la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao.
Un levier pour la diversification économique
Pour les autorités gabonaises, cette coopération dépasse largement le cadre d’un simple échange technique. Elle s’inscrit dans la stratégie nationale visant à réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers en développant des filières agricoles compétitives et créatrices de richesse.
En s’inspirant du modèle ivoirien, le Gabon espère moderniser durablement ses plantations, accroître sa production et renforcer sa présence sur les marchés internationaux du cacao et du café.
Cette convention marque ainsi une nouvelle étape dans les relations entre Libreville et Abidjan. Elle traduit une ambition commune : faire de la coopération africaine un moteur de développement économique durable, fondé sur le partage des compétences, l’innovation agricole et la valorisation des ressources du continent.
VYL

