Libreville, (GM)- Le processus électoral en cours à la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) vient d’enregistrer un nouvel épisode de tension.
Dans un communiqué conjoint publié ce mercredi, l’Association nationale des footballeurs professionnels du Gabon (ANFPG) et l’Association des footballeurs du Gabon (AFG) annoncent avoir officiellement contesté la validation de la candidature de Pierre-Alain Mounguengui, président sortant, auprès de la Commission de recours de la Fegafoot.
Les deux organisations affirment avoir saisi l’instance compétente afin d’obtenir l’infirmation de la décision de validation, estimant que cette candidature ne répond pas aux exigences d’éthique, d’intégrité et de sincérité attendues dans un processus électoral jugé déjà fragilisé.
Une contestation fondée sur la gouvernance sortante
Dans leur déclaration, l’ANFPG et l’AFG justifient leur démarche par leur rôle de représentants directs des joueurs gabonais, qu’ils considèrent comme « les premières victimes » lorsque le football national traverse des crises de gouvernance ou lorsque la crédibilité fédérale se trouve mise en cause. « Nous refusons qu’une simple validation administrative serve à refermer une crise aussi grave », martèlent les signataires, dénonçant une tentative de normalisation d’un processus qui, selon eux, ne peut être dissocié du passif du Comité exécutif sortant.
L’affaire Assoumou Eyi au cœur des griefs
Le communiqué évoque explicitement l’affaire Patrick Assoumou Eyi, ancien sélectionneur de l’équipe nationale U-17, sanctionné à vie par la FIFA. L’instance mondiale avait retenu contre lui des faits d’agressions sexuelles répétées entre 2006 et 2021, visant plusieurs joueurs, dont une majorité de mineurs.
Pour les associations de footballeurs, cette affaire constitue un marqueur lourd de la gouvernance actuelle et ne saurait être ignorée dans le cadre d’une nouvelle candidature à la tête de la fédération. Elles estiment qu’une validation électorale ne peut suffire à « tourner la page » sans examen approfondi des responsabilités institutionnelles.
Demande de suspension et réexamen du processus
Au-delà de la contestation, l’ANFPG et l’AFG réclament plusieurs mesures fortes : le sursis immédiat à la poursuite du processus électoral concernant la liste incriminée, ainsi qu’un réexamen complet des griefs d’intégrité soulevés dans leurs différentes saisines. Le ton du communiqué est sans ambiguïté : les deux organisations dénoncent ce qu’elles considèrent comme une banalisation de l’inacceptable et refusent toute reconstruction du football gabonais sur le déni ou des arrangements.
Une crise institutionnelle qui s’enlise
Cette nouvelle saisine intervient dans un climat déjà tendu autour des élections fédérales, où plusieurs acteurs du football national dénoncent un manque de transparence et une gouvernance fragilisée par des scandales à répétition. Pour l’ANFPG et l’AFG, seule une rupture nette avec les pratiques du passé permettra au football gabonais de retrouver crédibilité et stabilité. « On ne saurait reconstruire le football gabonais sur le déni », concluent les deux associations.
La Commission de recours électoral de la FEGAFOOT devra désormais se prononcer sur cette contestation, dont l’issue pourrait peser lourdement sur la suite du calendrier électoral.
Nelson Kali

