Libreville, (GM)- La rencontre avec le numéro 1 gabonais a été précédée d’une visite officielle de deux sites présentés comme emblématiques de la transformation urbaine en cours : la cité Émeraude et la cité de la Démocratie. Pour Stéphane Germain Iloko Bousengui, les réalisations constatées sur le terrain sont « réelles » et traduisent une volonté affichée de moderniser Libreville et de structurer l’action publique.
Le président d’Arc-en-ciel a notamment mis en avant l’intérêt stratégique de la cité Émeraude qui répond, selon lui, à plusieurs objectifs : la rationalisation des charges de l’État, l’amélioration du fonctionnement administratif et la cohérence urbanistique. Il estime également que des infrastructures telles que le Palais des Congrès et les résidences de haut standing participent à renforcer l’attractivité du Gabon sur le plan international.
« Gouverner, ce n’est pas seulement ériger des infrastructures »
Cependant, le responsable politique insiste sur un point : ces chantiers, aussi visibles soient-ils, ne peuvent constituer l’unique indicateur de gouvernance. « Gouverner, c’est avant tout répondre aux attentes profondes du peuple », a-t-il martelé, soulignant que les difficultés quotidiennes restent persistantes.
Dans sa déclaration, Stéphane Germain Iloko Bousengui a relevé que le président aurait tenu un discours « empreint de lucidité », reconnaissant lui-même l’ampleur des défis nationaux, notamment l’accès à l’eau, la disponibilité de l’électricité, la vie chère, ainsi que les préoccupations sociales liées à la Cnamgs
Pour Arc-en-ciel, cette reconnaissance est un signal positif, mais insuffisant. Le mouvement appelle désormais à des mesures rapides, efficaces et durables.
La CNAMGS citée comme exemple de défi structurel
Dans un passage particulièrement appuyé, le président du rassemblement a évoqué le cas de la Cnamgs, soulevant une interrogation centrale : comment garantir une couverture sanitaire solide pour près de deux millions de Gabonais alors que le nombre de cotisants demeure insuffisant ?
Il alerte également sur les risques de dérives et d’abus susceptibles de fragiliser durablement le système. Une situation qui, selon lui, impose des réformes courageuses mais aussi une évolution des comportements, estimant que la réforme de l’État doit aller de pair avec la responsabilité citoyenne.
Une position d’équilibre entre majorité et opposition
Arc-en-ciel affirme se situer « à égale distance » de deux attitudes jugées dangereuses : la complaisance et l’obstruction systématique. Tout en rappelant que la majorité actuelle ne peut ignorer les interrogations sur son fondement et sa trajectoire, le mouvement estime que l’opposition ne peut se contenter d’une posture de contestation permanente.
Selon Stéphane Germain Iloko Bousengui, l’intérêt supérieur du peuple doit primer sur les rivalités politiques, dans un contexte où les Gabonais attendent des résultats concrets.
Deux appels : concertation nationale et trêve sociale
Face à la situation, le Large rassemblement Arc-en-ciel lance deux appels majeurs. Le premier concerne l’organisation, dans les meilleurs délais, d’une concertation nationale inclusive, transparente et ouverte à toutes les sensibilités politiques. Le second porte sur l’instauration d’une trêve sociale, considérée comme une condition indispensable pour garantir un climat favorable aux réformes.
Paul Nkori

