Fonction publique : le gouvernement en marche vers la régularisation des agents diplomés de la MONP ?

Libreville, (GM)- Le ministère de la Fonction publique et du Renforcement des capacités engage une nouvelle étape dans la gestion des ressources humaines de l’État.

Par une note d’instruction datée du 23 mars 2026, la ministre Laurence Mengue Me Nzoghe épouse Ndong vient d’ordonner la transmission des dossiers des agents relevant de la Main-d’œuvre non permanente (MONP) occupant des postes publics permanents.

Une décision issue du Conseil des ministres

Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des résolutions adoptées lors du Conseil des ministres du 29 janvier 2026. L’objectif affiché est clair : identifier précisément les personnels diplômés actuellement en situation de précarité administrative, bien qu’exerçant des fonctions pérennes au sein de l’administration.

Autrement dit, l’État cherche à mieux cerner une zone grise bien connue : celle des agents non statutaires mais indispensables au fonctionnement quotidien des services publics.

Des exigences administratives strictes

Cette note, adressée aux Directeurs centraux des ressources humaines (DCRH), fixe une liste précise de documents à fournir pour chaque agent concerné. Il s’agit notamment :

* du dernier diplôme obtenu ;

* de la preuve de prise de service ;

* d’une attestation de présence effective au poste ;

* ainsi que d’un document du supérieur hiérarchique détaillant les fonctions réellement exercées.

Le ton est sans ambiguïté : la ministre insiste sur le « strict respect » des instructions, traduisant une volonté d’exécution rapide et rigoureuse.

Vers une régularisation ou un simple audit ?

Derrière cette opération administrative se joue une question sensible : celle du devenir des agents de la MONP. S’agit-il d’un prélude à une régularisation massive, longtemps attendue par les concernés, ou d’un simple audit destiné à rationaliser les effectifs de l’État ?

Car le problème est structurel. Depuis des années, l’administration gabonaise recourt à une main-d’œuvre non permanente pour combler ses besoins, sans toujours offrir de perspectives claires de titularisation. Ce système, s’il permet une certaine flexibilité, alimente également frustration et précarité.

Un test de crédibilité pour l’État

Cette opération pourrait donc constituer un test de crédibilité pour les autorités. Si elle débouche sur des mesures concrètes (intégration, contractualisation ou réorganisation), elle marquera une avancée significative. Dans le cas contraire, elle risque d’être perçue comme un énième recensement sans effet réel.

En filigrane, c’est toute la question de la gestion des ressources humaines publiques qui est posée : efficacité administrative, équité de traitement et reconnaissance des compétences. Reste à savoir si cette initiative sera suivie d’actes à la hauteur des attentes qu’elle suscite d’ores et déjà.

Paul Nkori

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *