Fegafoot/Suspension de l’USB : une décision « sans fondement légal » pour l’ANFPG

Libreville, (GM)- La décision de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) de suspendre à titre provisoire l’Union sportive de Bitam (USB) suscite de vives réactions dans le milieu du football national.

A peine officialisée le 19 mars 2026, la mesure est déjà au cœur d’un bras de fer institutionnel avec l’Association nationale des footballeurs professionnels du Gabon (ANFPG), qui en conteste la légitimité et les conséquences.

Une suspension motivée par une crise interne

Dans le communiqué relatif à cette décision de suspension, le Comité exécutif de la Fegafoot justifie sa décision par la situation de « bicéphalisme » qui prévaut au sein de l’USB. Selon l’instance fédérale, les dirigeants du club ont saisi les juridictions de droit commun alors même que le différend était en cours d’examen au niveau des organes internes du football.

La Fegafoot considère cette démarche comme une violation de ses statuts, notamment en leur article 16 qui encadre le règlement des litiges entre acteurs du football. S’appuyant également sur l’article 40, elle affirme être dans son droit en prononçant une suspension provisoire du club, en attendant le prochain congrès.

Les joueurs en première ligne

Mais du côté des footballeurs professionnels, cette décision passe mal. Dans un communiqué publié ce 20 mars, l’ANFPG exprime son incompréhension et son inquiétude face à une mesure qu’elle juge lourde de conséquences pour les joueurs sous contrat avec l’USB.

L’association s’interroge notamment sur le lien entre un conflit de gouvernance interne et une exclusion des compétitions nationales. Elle pointe du doigt une sanction qui, selon elle, pénalise directement les joueurs, sans que leur responsabilité ne soit engagée.

Une légitimité juridique contestée

Au-delà de l’impact sportif et social, l’ANFPG remet en cause la base juridique de la décision fédérale. Elle estime que le Comité exécutif de la Fegafoot outrepasse ses prérogatives en intervenant dans un litige qui devrait, selon les statuts mêmes de la fédération, être traité par des organes juridictionnels indépendants.

L’association rappelle en outre que le différend au sein de l’USB est ancien et relève du droit privé, ce qui justifierait, en l’absence d’instance nationale spécialisée et opérationnelle, le recours aux juridictions ordinaires.

Le révélateur d’un vide institutionnel

Ce nouvel épisode met en lumière une problématique plus structurelle du football gabonais : l’absence d’une Chambre nationale de résolution des litiges conforme aux standards de la FIFA. L’ANFPG affirme militer depuis plus d’une décennie pour la mise en place d’un tel organe, sans succès.

Pour elle, cette carence fragilise l’ensemble de l’écosystème footballistique et crée un terrain propice aux décisions contestées, voire contestables.

Vers une escalade ?

Face à ce qu’elle qualifie de décision « sans fondement légal », l’ANFPG annonce se réserver le droit de saisir les instances compétentes, tant au niveau national qu’international, afin de défendre les intérêts des joueurs. Cette affaire pourrait ainsi dépasser le cadre strictement national et exposer les tensions internes du football gabonais sur la scène internationale.

En attendant, une question demeure : la Fegafoot a-t-elle voulu affirmer son autorité… ou a-t-elle, au contraire, révélé ses propres limites institutionnelles ?

Nelson Kali

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