Occupation des salles au ministère de la Culture : de nouveaux tarifs fixés

Libreville, (GM)- Le ministère de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement Culturel et des Arts, chargé de la Vie Associative, a publié une note d’information officialisant une nouvelle grille tarifaire pour l’utilisation de certaines infrastructures culturelles publiques situées au sein du ministère.

Cette mesure, annoncée par le secrétaire général Alain Batchielily, s’inscrit, selon le document, dans une logique « d’harmonisation des conditions d’utilisation des infrastructures culturelles publiques ». Elle concerne notamment deux espaces : la Salle d’exposition Basile Allainmat Mahine et la Salle de Réunion.

Une tarification différenciée selon les usagers

Dans le détail, le ministère distingue deux catégories d’utilisateurs. Pour les artistes, acteurs et opérateurs culturels, le tarif est fixé à :

  • 100 000 FCFA pour la Salle d’exposition Basile Allainmat Mahine ;
  • 50 000 FCFA pour la Salle de Réunion.

Pour les autres usagers, les montants sont revus à la hausse :

  • 150 000 FCFA pour la Salle d’exposition ;
  • 100 000 FCFA pour la Salle de Réunion.

Les autorités précisent que ces prix sont forfaitaires, fermes et surtout non négociables, s’appliquant « quelle que soit la nature de l’activité envisagée ou le statut du demandeur ».

Une volonté d’encadrement administratif plus strict

La note rappelle également que toute demande d’occupation demeure soumise aux « procédures administratives en vigueur ». Autrement dit, le paiement du tarif ne garantit pas automatiquement l’accès à la salle : il faudra toujours suivre le circuit de validation administratif.

Les dispositions entrent en vigueur immédiatement, à compter de la date de signature, et « s’imposent à tous ». Les usagers sont invités à s’y conformer « strictement ».

Entre nécessité de gestion et inquiétudes du secteur culturel

Dans les milieux culturels, cette décision pourrait être perçue de manière contrastée.

D’un côté, plusieurs observateurs estiment qu’une tarification claire et uniforme permettrait de réduire les arrangements informels, de mieux organiser les réservations et d’assurer un minimum de transparence dans la gestion des espaces publics.

De l’autre, certains acteurs du secteur pourraient considérer que ces montants restent élevés au regard des réalités économiques du monde artistique gabonais, souvent marqué par des financements irréguliers, une faible rentabilité des événements et des difficultés d’accès au sponsoring.

La mention explicite du caractère « non négociable » des tarifs pourrait également alimenter des interrogations sur la capacité des jeunes créateurs, associations culturelles ou collectifs émergents à accéder à ces infrastructures.

Une mesure qui relance le débat sur l’accès aux espaces publics

Cette note d’information intervient dans un contexte où la question de la démocratisation de l’accès aux infrastructures culturelles pourrait revenir régulièrement dans les débats. Si la clarification des règles est saluée par certains, d’autres attendent désormais des précisions sur la destination des fonds collectés, ainsi que sur l’éventuelle mise en place de mécanismes d’accompagnement ou d’exonération pour certains projets à forte valeur culturelle ou éducative.

Pour l’heure, aucune indication n’a été donnée sur d’éventuelles réductions spécifiques, ni sur un calendrier de révision future.

Une décision administrative à suivre de près

En fixant officiellement les conditions financières d’utilisation de ses salles, le ministère affiche une volonté de structuration et d’encadrement. Reste à savoir si cette nouvelle politique tarifaire contribuera à dynamiser la vie culturelle en améliorant la gestion des espaces, ou si elle risque au contraire de limiter l’accès des artistes les plus modestes aux infrastructures publiques.

Une chose est certaine : la mise en œuvre de cette mesure sera observée de près par les professionnels du secteur, pour mesurer son impact réel sur l’activité culturelle à Libreville.

Paul Nkori

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