Gabon : le ministère de l’Intérieur rappelle l’obligation du dépôt des comptes de campagne

Libreville ; (GM)- Le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation a publié un communiqué rappelant aux candidats ayant participé aux élections législatives, locales et sénatoriales de septembre et novembre 2025 leur obligation de déposer leurs comptes de campagne.

Selon le texte, cette démarche doit être effectuée « toutes affaires cessantes » auprès du greffe de la Cour des comptes ou de la Chambre provinciale des comptes territorialement compétente. Les candidats concernés doivent transmettre un dossier complet comprenant les états des sources de financement, le détail des dépenses engagées ainsi que l’ensemble des pièces justificatives.

Un cadre légal explicitement invoqué

Le ministère fonde son rappel sur plusieurs dispositions de la loi organique n° 001/2025 du 19 janvier 2025 portant Code électoral en République gabonaise, notamment ses articles 109, 206, 368 et 369. Il souligne également que l’article 371, alinéa 2, autorise la juridiction financière, sans préjudice d’autres sanctions, à prononcer la perte du mandat ainsi que des droits politiques à l’encontre de tout candidat refusant de produire son compte de campagne.

Cette précision sur les sanctions possibles confère au communiqué un ton ferme, mettant en avant les conséquences juridiques encourues en cas de non-respect des obligations prévues par la loi.

Transparence et régulation de la vie politique

Le dépôt des comptes de campagne constitue un mécanisme central de régulation du financement politique. Il vise à garantir la transparence des ressources mobilisées lors des compétitions électorales et à prévenir d’éventuelles irrégularités ou financements illicites.

Pour les autorités, ce rappel s’inscrit dans une logique de consolidation des règles encadrant la vie démocratique et de renforcement du contrôle des dépenses électorales.

Des attentes et interrogations

Dans les milieux politiques, ce type de rappel peut être perçu de deux manières. D’un côté, certains y voient l’application normale du cadre légal, indispensable à l’assainissement de la vie publique. De l’autre, des observateurs soulignent que la rigueur dans l’application des sanctions devra être uniforme et dépourvue de toute sélectivité afin de préserver la crédibilité du processus.

La publication de ce communiqué intervient plusieurs mois après les scrutins concernés, ce qui pourrait susciter des questions sur le niveau de conformité déjà atteint par les candidats et sur les délais initialement impartis.

A ce stade, aucune liste de candidats en situation de manquement n’a été rendue publique. La suite dépendra des contrôles opérés par les juridictions financières compétentes et des éventuelles décisions qu’elles pourraient prononcer.

VYL

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