Gabon Economic Forum 2026 : Alain-Claude Kouakoua veut faire bouger les lignes

Libreville, (GM)- Dans un entretien accordé au quotidien l’Union dans sa parution du jeudi 25 juin 2026, le président de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), Alain-Claude Kouakoua, a exposé sa vision d’un secteur privé davantage impliqué dans les décisions économiques nationales. A quelques jours de l’ouverture de la deuxième édition du Gabon Economic Forum (GEF), il a détaillé les attentes du patronat gabonais, dressé un premier bilan des engagements issus du GEF 2025 et présenté les priorités de son mandat à la tête de la Fédération.

Placée sous le thème « Des entreprises fortes pour une croissance durable et une prospérité partagée », cette édition ambitionne de réunir entreprises, pouvoirs publics, institutions financières et partenaires au développement autour des principaux défis auxquels fait face l’économie gabonaise. Pour Alain-Claude Kouakoua, le Forum doit permettre d’aboutir à des recommandations concrètes, assorties d’objectifs précis et de mécanismes de suivi.

Parmi les sujets qui seront au cœur des échanges figurent l’accès au financement, la commande publique, le contenu local, la fiscalité, les délais de paiement, la compétitivité, la digitalisation, la formation professionnelle ainsi que l’amélioration du climat des affaires. Selon lui, l’objectif est désormais de dépasser le stade des diagnostics pour entrer dans celui de l’exécution.

Les PME au centre des préoccupations

Le président de la FEG insiste particulièrement sur la nécessité de mieux intégrer les petites et moyennes entreprises aux grands projets économiques du pays. Il plaide pour une participation accrue des PME et PMI aux marchés publics, à la sous-traitance et aux chaînes de valeur créées par les grands investissements.

« Une économie forte n’est pas une économie où quelques entreprises réussissent seules, mais une économie où les grandes entreprises entraînent avec elles un tissu dense de PME », souligne-t-il.

Cette volonté se traduit notamment par des propositions visant à améliorer l’accès au crédit, aux garanties financières, à la commande publique et aux dispositifs d’accompagnement.

Un bilan revendiqué pour le GEF 2025

Contrairement aux critiques qui pourraient voir dans le GEF 2026 une simple répétition de l’édition précédente, Alain-Claude Kouakoua assure que plusieurs recommandations formulées en 2025 sont déjà en cours de mise en œuvre.

Il cite notamment la réservation de certains marchés publics aux PME gabonaises, la réalisation de l’Enquête nationale sur l’emploi et le chômage, ainsi que plusieurs réformes engagées dans des entreprises publiques stratégiques. La relance du Haut Conseil pour l’investissement figure également parmi les avancées présentées comme des résultats directs du dialogue entre l’État et le secteur privé.

Pour renforcer l’efficacité du Forum, la FEG souhaite mettre en place un mécanisme permanent d’évaluation permettant de mesurer périodiquement l’état d’avancement des engagements pris.

Une FEG plus proche des territoires

Élu à la tête de la Fédération à la mi-juin, Alain-Claude Kouakoua affiche également l’ambition de rapprocher l’organisation des réalités économiques locales. Si les entreprises membres de la FEG représentent près de 80 % de la richesse nationale, il reconnaît que cette performance ne reflète pas encore toute la diversité du tissu entrepreneurial gabonais.

Le nouveau président souhaite ainsi renforcer la présence de la Fédération dans les neuf provinces du pays et accroître sa proximité avec les PME, les très petites entreprises et les acteurs économiques locaux.

Selon lui, les perspectives ouvertes par la décentralisation et le développement de nouveaux marchés régionaux justifient cette stratégie d’implantation territoriale.

Le défi du contenu local

L’un des sujets majeurs abordés au cours de cet entretien concerne l’accès des entreprises gabonaises aux grands projets d’infrastructures. Alain-Claude Kouakoua reconnaît que de nombreux chantiers stratégiques ont historiquement bénéficié principalement à des opérateurs étrangers.

Face à cette situation, la FEG affirme avoir obtenu plusieurs engagements visant à favoriser la participation des entreprises nationales aux projets de Kobe-Kobe et de Belinga. L’organisation défend également un ensemble de mesures destinées à rendre effectif le contenu local, parmi lesquelles l’allotissement des grands marchés, l’instauration de quotas réservés aux PME, le relèvement du seuil des marchés nationaux et l’adoption d’une future loi multisectorielle sur le contenu local.

Toutefois, le président de la Fédération se montre prudent. Il rappelle que les engagements obtenus devront désormais être traduits en actes concrets et faire l’objet d’un suivi rigoureux.

Faire du GEF un instrument de résultats

Pour Alain-Claude Kouakoua, la réussite du GEF 2026 reposera avant tout sur sa capacité à instaurer une culture du résultat. Les conclusions des travaux devraient être regroupées dans une « Déclaration de Libreville du secteur privé » accompagnée d’une feuille de route opérationnelle.

L’objectif affiché est clair : faire du Gabon Economic Forum un véritable instrument de transformation économique, capable de rapprocher durablement les pouvoirs publics et les entreprises autour d’une vision commune du développement.

A travers cette deuxième édition, la FEG entend ainsi affirmer son rôle de partenaire stratégique de l’État et de porte-voix d’un secteur privé qui aspire à jouer une place plus importante dans la construction de l’économie gabonaise de demain.

Raphael Mouissy

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