Gabon/Eau potable : le gouvernement met fin au réseau parallèle de distribution

Libreville (GM) – À la suite des révélations faites par les agents de la Société d’énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) lors de leur récente rencontre avec le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, les autorités gabonaises ont annoncé une série de mesures exceptionnelles pour mettre fin au commerce illégal de l’eau potable. Un état d’urgence hydrique est décrété sur l’ensemble du territoire national afin de rétablir un approvisionnement équitable des populations.

À l’issue des investigations engagées, les autorités ont établi que certains agents de la SEEG seraient impliqués dans ce trafic à travers des systèmes de sous-traitance, de prête-noms et de groupements d’intérêts économiques illégaux. Ces pratiques auraient favorisé une flambée des prix, avec des cubitainers d’eau vendus entre 10 000 et plus de 20 000 FCFA, bien au-delà des tarifs réglementaires.

Face à cette situation jugée inacceptable, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, agissant sur les instructions du chef de l’État, a décrété l’état d’urgence hydrique sur toute l’étendue du territoire national.

Parmi les principales mesures annoncées figure la suspension immédiate du trafic privé de l’eau potable au profit d’une distribution encadrée par les forces de défense et de sécurité. Celles-ci sont désormais chargées de procéder à la saisie des véhicules impliqués dans le commerce illégal, 55 ayant déjà été identifiés, au démantèlement des installations frauduleuses de stockage et de distribution, ainsi qu’à l’organisation de l’approvisionnement des populations.

Le gouvernement fixe également une nouvelle mercuriale afin de mettre un terme à la spéculation. Désormais, le mètre cube d’eau livré par cubitainer est plafonné à 3 000 FCFA, le fût de 200 litres à 600 FCFA et les livraisons de 100 litres à 300 FCFA. Pour le Grand Libreville, les commandes pourront être effectuées via le numéro vert 18, en attendant l’ouverture d’autres lignes dédiées.

Dans son communiqué, le gouvernement rappelle que l’accès à l’eau potable constitue un droit fondamental garanti par la Constitution.

Les autorités préviennent enfin que toute tentative d’exploitation commerciale illégale de cette crise fera l’objet de sanctions fermes, tandis que d’autres mesures d’ajustement seront progressivement mises en œuvre en fonction de l’évolution de la situation.

VYL

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