Libreville, (GM)- Le Forum International de Libreville pour l’Innovation et le développement a officiellement pris fin ce lundi 4 mai au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, à l’issue d’une séance solennelle consacrée à la restitution des travaux scientifiques.
L’événement, initié par l’État gabonais, entend désormais se positionner comme un rendez-vous stratégique pour stimuler la réflexion et attirer des partenariats au service du développement national.
Une clôture après une ouverture marquée par une forte présence politique
Après une journée inaugurale organisée le 3 mai, présentée comme historique par les organisateurs et marquée par la présence annoncée de six chefs d’État, le Forum a poursuivi ses travaux à travers des sessions techniques regroupant 30 experts nationaux et internationaux, réunis sous l’égide du sous-comité scientifique.
Selon le communiqué officiel, cette configuration visait à privilégier l’efficacité et la production de recommandations concrètes, autour de thématiques clés telles que la stabilité politique, le climat des affaires et l’intelligence artificielle.
Une feuille de route baptisée « Déclaration de Libreville »
Moment central de la restitution, la présentation de la « Déclaration de Libreville » a été assurée par le professeur Alfred Ngomanda, Commissaire cénéral du centre national de la recherche scientifique et technologique (CENAREST). Ce document est présenté comme une feuille de route stratégique destinée à accélérer la transformation économique du Gabon.
Plusieurs axes prioritaires ont été mis en avant, notamment :
- l’intelligence artificielle et l’innovation, considérées comme des leviers majeurs de compétitivité et de modernisation de l’administration ainsi que du secteur privé ;
- les corridors logistiques et les infrastructures, jugés essentiels pour renforcer l’attractivité du Gabon et son rôle de hub régional ;
- la sécurité juridique et la transparence, avec des recommandations portant sur la protection des investissements et la prévisibilité du cadre réglementaire ;
- la souveraineté alimentaire, à travers la mise en place de mécanismes innovants de financement agricole ;
- l’inclusion économique, notamment par des programmes ciblés en faveur des jeunes et des femmes.
Des conventions annoncées, mais des détails encore attendus
Autre annonce importante faite lors de la clôture : la signature effective de plusieurs conventions et partenariats stratégiques entre l’État, des institutions financières et des acteurs du secteur privé. Les organisateurs y voient un signal fort, traduisant des engagements immédiats pour le financement de projets structurants.
Toutefois, à ce stade, les contours précis de ces conventions (montants mobilisés, secteurs ciblés, calendrier d’exécution et mécanismes de suivi) n’ont pas été détaillés dans le communiqué officiel, laissant place à des attentes sur la traduction concrète de ces engagements.
Vers une plateforme permanente de dialogue public-privé
Dans son allocution de clôture, le Comité d’organisation a affirmé que ce Forum ne devait pas être perçu comme un événement ponctuel. Il ambitionne de devenir une plateforme permanente de dialogue public-privé, s’inscrivant dans la vision du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Les organisateurs ont également salué la mobilisation des participants, évoquant la présence de 3 000 personnes, ainsi que la tenue de multiples rencontres B2B et B2G, signe d’un intérêt marqué du secteur privé et des partenaires économiques.
Un rendez-vous ambitieux, face au défi de la mise en œuvre
En se voulant un carrefour annuel réunissant décideurs, investisseurs et experts, le Forum International de Libreville cherche à renforcer la visibilité du Gabon sur l’échiquier régional et continental. Reste désormais l’enjeu principal : celui de la mise en œuvre effective des recommandations et de la concrétisation des partenariats annoncés.
Car si les orientations présentées dans la « Déclaration de Libreville » traduisent une ambition claire, c’est leur exécution, leur financement réel et leur suivi dans le temps qui détermineront l’impact durable de cette initiative.
Simplice Rabaguino

