Libreville, (GM)- Les étudiants de l’École nationale d’administration (ENA) du Gabon, menacent de déclencher un mouvement de grève illimitée dès la semaine prochaine. Réunis en assemblée générale, les élèves-fonctionnaires exigent le paiement immédiat de leurs bourses, qui accusent aujourd’hui un retard inacceptable de sept mois.
Cette fronde sociale risque de paralyser l’institution chargée de former les futurs cadres de l’État gabonais, si les autorités n’apportent pas une réponse rapide à leurs revendications financières.
Pour faire entendre leur voix, le collectif des étudiants a annoncé la mise en place d’un boycott total des activités académiques, incluant le refus catégorique d’assister aux cours magistraux et aux travaux dirigés. La grogne est née d’une précarité matérielle insoutenable qui empêche ces futurs administrateurs de se loger, de se nourrir ou d’acheter leurs fournitures durant leur scolarité. Les représentants estiment avoir épuisé toutes les voies de recours amiable auprès des ministères de tutelle.
Ce mouvement de contestation intervient à une période charnière de l’année académique, menaçant directement la validation du semestre en cours et le calendrier officiel des stages professionnels. Plusieurs promotions d’élèves-fonctionnaires, censés intégrer prochainement les différents ministères de la République, se retrouvent aujourd’hui dans une impasse budgétaire totale. L’incertitude plane désormais sur la tenue des prochains examens de fin de cycle, dont le report affecterait lourdement le déploiement de la relève administrative nationale.
Face à cette tension grandissante, les grévistes interpellent directement le ministère de la Fonction Publique et du Renforcement des Capacités et celui du Budget pour débloquer d’urgence les fonds nécessaires au règlement de ces arriérés. Ils prévoient d’organiser un sit-in pacifique devant les grilles de l’établissement pour rendre visible leur détresse matérielle auprès de l’opinion publique. La direction de l’ENA, de son côté, reste dans l’expectative, attendant les arbitrages financiers des plus hautes autorités de l’État pour désamorcer la crise.
Ce n’est pas la première fois que les pensionnaires de cette école d’excellence manifestent leur ras-le-bol face aux lourdeurs administratives du Trésor public gabonais. Les observateurs redoutent donc que ce nouvel épisode ne s’inscrive dans un cycle chronique de revendications estudiantines lié aux dysfonctionnements récurrents du système de paiement des bourses nationales.
Le Gabonais

