Lutte contre le trafic de bois et de faune : les Douanes gabonaises et l’ONUDC veulent passer « de la formation à l’action »

Libreville, (GM)– Le directeur général des Douanes et Droits indirects, le général de brigade Hugues Modeste Odjangou, a présidé vendredi dernier la cérémonie de clôture de l’atelier national de renforcement des capacités sur la lutte contre les réseaux d’exportation illégale de bois et la criminalité liée à la vie sauvage dans les aires protégées du Gabon. Les travaux se sont tenus du 19 au 23 octobre 2026.

La lutte contre le trafic illicite des ressources naturelles s’inscrit, a rappelé l’ONUDC, dans l’ambition du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, de faire de  la valorisation des ressources naturelles et de leur transformation locale un moteur du développement national. Selon l’organisation, cette lutte protège la valeur des ressources, soutient les opérateurs respectueux des règles et contribue à ce que les richesses naturelles profitent aux populations. La qualité des contrôles et l’intégrité de la gouvernance en sont des conditions essentielles.

Les Douanes : cinq priorités

Le général Modeste Odjangou a estimé que la lutte contre ces réseaux exige désormais de franchir une nouvelle étape, celle du « passage résolu de la formation à l’action ». Il a retenu cinq priorités :

  • Cibler et contrôler mieux : améliorer l’analyse des risques, exploiter le renseignement et cibler les flux sensibles.
  • Coopérer entre institutions : une coordination accrue entre administrations, services de contrôle, autorités judiciaires et partenaires techniques, présentée comme une condition de succès.
  • Diffuser les compétences : transmettre les acquis aux agents opérationnels et identifier les besoins en équipements, outils techniques et formations spécialisées.
  • Renforcer la traçabilité : contrôler toute la chaîne d’approvisionnement, de l’origine du bois à son exportation, en s’appuyant sur les enseignements des visites du Port d’Owendo et de la Zone économique spéciale de Nkok.
  • Appliquer les recommandations : définir les actions, les responsabilités et un suivi, avec des indicateurs simples (ciblage, partage de renseignement, qualité des dossiers transmis, saisies, renforcement des capacités).
Vue des participants au cours de l’atelier de clôture PH/GM

Les Douanes gabonaises ont réaffirmé leur volonté de moderniser leurs méthodes de contrôle et d’approfondir l’exploitation du renseignement douanier. Pour le général de brigade, l’ambition est de mieux détecter les flux illicites, mieux documenter les infractions, identifier les réseaux criminels et renforcer les poursuites, au service de la préservation des forêts et de la biodiversité.

L’ONUDC : trois leviers

De son côté, l’ONUDC a souligné que la portée de l’atelier « se mesurera désormais à ce que nous ferons de ses recommandations », avec des responsables identifiés, des échéances réalistes et un suivi régulier. Il a mis en avant trois priorités :

La coordination quotidienne. Les contacts noués pendant l’atelier doivent rester actifs. Douanes, administrations des Eaux et Forêts et de l’Environnement, police, gendarmerie, ANIF et autorités judiciaires doivent pouvoir échanger rapidement les informations utiles, dans le respect de leurs compétences, et organiser une réponse concertée.

Des contrôles efficaces sur toute la chaîne logistique. Il s’agit de mieux relier les informations sur l’origine du bois, les permis, les opérations d’empotage et le plombage des conteneurs. Des procédures claires entre administrations faciliteraient les vérifications et la détection des irrégularités.

Une suite aux infractions détectées. Une saisie doit ouvrir une enquête : préserver les preuves, établir la provenance des produits, identifier les acteurs et rechercher les bénéficiaires des profits illicites. L’ONUDC recommande d’associer tôt les autorités judiciaires, de mobiliser l’expertise de l’ANIF et d’activer, lorsque c’est nécessaire, la coopération avec les pays d’origine, de transit et de destination.

L’organisation invite les administrations à retenir un nombre limité d’actions prioritaires, réalisables avec les moyens actuels, puis à convenir d’un premier point de suivi pour mesurer les progrès, lever les difficultés et préciser les besoins d’accompagnement. Elle s’est dite disponible pour les accompagner, dans le respect des priorités nationales.

VYL


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