Jimmy Ondo s’est éteint : le dernier salut à une légende gabonaise au destin hors du commun

Libreville, (GM)- Le Gabon est en deuil. Jimmy Ondo est décédé ce lundi 3 août 2026 à Oyem, la ville qui l’a vu naître à la fin des années 1940. Avec sa disparition, le pays perd un artiste complet, un homme de culture, un polyglotte accompli et une personnalité dont le parcours singulier l’a conduit des bancs de l’école d’Oyem aux grandes scènes internationales.

Cinquième enfant de Jean-François Ondo Ndong et de Jeanne Angue Mba Mezeme, Jimmy Ondo effectue ses études primaires à l’École Régionale d’Oyem, puis à Mitzic et à Port-Gentil, où il obtient son Certificat d’études primaires élémentaires.

Son destin prend une dimension internationale lorsqu’il rejoint son frère aîné, Bonjean François Ondo, ambassadeur du Gabon en Israël. A Jérusalem, il poursuit ses études secondaires et se distingue par son exceptionnelle facilité pour les langues, maîtrisant notamment l’hébreu et l’araméen. Il poursuivra ensuite sa formation aux États-Unis dans le domaine de l’interprétariat.

Rencontre entre foi et destin

Selon les témoignages de Roger Allogho, l’un de ses proches, son séjour américain est marqué par une expérience spirituelle exceptionnelle. Sélectionné parmi douze jeunes venus de différents horizons, il reçoit le baptême, la première communion et la confirmation lors d’une célébration présidée par le pape Paul VI, qui devient son parrain.

Cet épisode demeure l’un des moments les plus marquants d’une existence jalonnée de rencontres hors du commun.

Une carrière artistique ouverte sur le monde

Musicien talentueux, pianiste reconnu et passionné de musique, Jimmy Ondo attire rapidement l’attention de professionnels du spectacle. Toujours selon ses proches, cette reconnaissance le conduit à rencontrer la légende américaine James Brown, dont l’influence contribuera à façonner son parcours artistique.

Installé par la suite en Allemagne, il participe à une aventure musicale qui le rapproche du producteur Frank Farian et de la chanteuse Liz Mitchell. Cette collaboration s’inscrit dans les prémices de ce qui deviendra l’une des formations musicales les plus célèbres de la scène disco internationale.

Jimmy Ondo laisse également plusieurs œuvres personnelles, parmi lesquelles In My World, Si dans la vie, Faisons l’amour et Hey Joe, ainsi que diverses collaborations artistiques.

Un artiste aux multiples talents

La musique n’était pas son seul terrain d’expression. Jimmy Ondo mène également une carrière d’acteur en Allemagne, où il apparaît dans plusieurs productions, notamment Der Schwarze Doktor, Hamburg Transit et Le Dernier Renégat, aux côtés de Lee Van Cleef. Le public gabonais le retrouve également dans le téléfilm Le Singe fou.

Un citoyen du monde

Parlant couramment huit langues (français, anglais, allemand, espagnol, italien, russe, néerlandais et hébreu), Jimmy Ondo incarnait une rare ouverture sur le monde. Cette richesse linguistique reflétait un parcours exceptionnel, construit au fil des voyages, des rencontres et des expériences.

L’héritage d’un homme de cœur

Mais au-delà de l’artiste, ses proches retiennent surtout l’homme. Un homme généreux, protecteur, profondément attaché aux siens et toujours prêt à tendre la main. Sa bienveillance et sa simplicité resteront gravées dans la mémoire de tous ceux qui ont croisé son chemin.

Le rideau tombe

Le décès de Jimmy Ondo marque la disparition d’une personnalité atypique de la scène culturelle gabonaise. Son parcours, entre musique, cinéma, spiritualité et ouverture internationale, restera une source d’inspiration pour les générations futures.

Aujourd’hui, c’est tout un pan de mémoire qui s’efface, mais l’œuvre et le souvenir de Jimmy Ondo continueront de vivre dans le cœur de ceux qui l’ont connu, aimé et admiré.

A sa famille, à ses proches et à l’ensemble du monde culturel gabonais, nous adressons nos plus sincères condoléances.

VYL

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *