Fonction publique : la riposte judiciaire de Laurence Ndong face aux accusations de Pierre Mintsa

Libreville, (GM)- La tension monte autour du projet de réforme de la Fonction publique au Gabon. Réagissant à des accusations portées contre elle, et par l’intermédiaire d’un huissier de justice, la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des Capacités, Laurence Ndong, a adressé, ce mercredi 29 juillet 2026, une mise en demeure au président de la Confédération syndicale des travailleurs gabonais vaillants (CSTGV), Pierre Mintsa.

L’acte, signifié par Maître Darlan Rivon Oke en application de l’article 61 du Code de procédure civile, reproche au responsable syndical plusieurs déclarations publiques diffusées sur les réseaux sociaux et relayées par différents médias, dans lesquelles il affirme que la ministre préparerait une modification de la loi n° 8/91 portant Statut général des fonctionnaires sans concertation avec les partenaires sociaux.

Les déclarations contestées

Selon le document, Pierre Mintsa aurait notamment déclaré que cette réforme viserait à supprimer les avancements automatiques des fonctionnaires, qu’il présente comme « le seul avantage des fonctionnaires gabonais ». Il aurait également invité les agents publics à s’opposer à une éventuelle ordonnance présidentielle portant cette réforme, tout en affirmant disposer de « preuves » à l’appui de ses accusations.

La position de la ministre

Dans sa mise en demeure, Laurence Ndong estime que ces déclarations portent atteinte à son honneur, à sa considération et à sa crédibilité institutionnelle. Elle soutient que les informations officiellement rendues publiques concernent des projets de loi relatifs à la réforme du Statut général de la Fonction publique et du statut général des fonctionnaires, et non une ordonnance présidentielle, laissant ainsi entendre que les accusations du syndicaliste reposeraient sur une confusion quant à la procédure juridique envisagée.

Un délai de 48 heures pour produire les preuves

La ministre demande en conséquence à Pierre Mintsa, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la signification de l’acte, de communiquer l’ensemble des documents, notes, correspondances ou tout autre élément matériel fondant ses accusations, de produire les preuves auxquelles il fait référence, d’en préciser l’origine et l’authenticité, ainsi que d’indiquer s’il maintient l’intégralité de ses déclarations ou s’il reconnaît une erreur sur la nature juridique de la réforme évoquée.

A défaut de justification, il lui est également demandé de procéder à une rétractation publique, explicite et sans ambiguïté, en utilisant les mêmes canaux de communication que ceux ayant servi à diffuser ses propos.

La menace d’une action en justice

Le document précise qu’en l’absence d’une réponse jugée satisfaisante dans le délai imparti, la ministre se réserve le droit d’engager toute procédure judiciaire appropriée, tant au civil qu’au pénal, afin d’obtenir réparation du préjudice qu’elle estime avoir subi. Elle envisage également de solliciter des dommages-intérêts, voire la publication judiciaire de la décision qui pourrait intervenir.

Une nouvelle étape dans le bras de fer autour de la réforme

Cette initiative judiciaire intervient dans un contexte de vifs débats autour de la réforme de la Fonction publique, un chantier présenté par le gouvernement comme une étape majeure de la modernisation de l’administration gabonaise. Elle ouvre désormais un nouvel épisode dans les relations entre l’exécutif et une partie des organisations syndicales, dont les positions sur le contenu de la réforme demeurent fortement divergentes.

VYL

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