Libreville, (GM)- La tension semble toujours vive au sein de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA). Dans un communiqué rendu public le 10 juillet, le Syndicat national des travailleurs de l’Agasa (Synata) est une nouvelle fois monté au créneau pour accuser la direction générale d’avoir pris une mesure de représailles contre son secrétaire général, Ken Léonce Mambou Baya, après les dénonciations formulées par l’organisation syndicale sur la gestion de l’établissement.
Selon le Synata, la décision de muter son principal responsable vers le bureau de Ntoum, où il exercera désormais comme « agent informatique », est intervenue le lendemain de la publication d’un précédent communiqué dénonçant des « dérives financières » au sein de l’agence. Pour le syndicat, cette proximité temporelle ne relève pas du hasard mais constitue une entrave à la liberté syndicale.
Une succession d’affectations contestées
Le syndicat affirme que cette mutation s’inscrit dans une série de décisions prises depuis juillet 2025. Il évoque notamment la création d’un poste de chef du service des archives, puis une affectation au bureau de l’ANPI, avant la récente mutation à Ntoum.
D’après le Synata, ces changements successifs auraient progressivement éloigné son secrétaire général de ses responsabilités initiales de chef du service informatique ainsi que de son activité syndicale. L’organisation considère cette succession de mesures comme un harcèlement professionnel destiné à affaiblir son action.
Le communiqué souligne également que le bureau de Ntoum ne disposerait que d’un seul ordinateur, estimant que cette affectation ne répond à aucune nécessité de service.
Le Code du travail invoqué
Pour étayer sa position, le Synata s’appuie sur plusieurs dispositions légales. Le syndicat cite notamment les accords collectifs de l’Agasa, les dispositions du Code du travail gabonais interdisant toute discrimination fondée sur l’activité syndicale ainsi que les articles protégeant les dirigeants syndicaux contre les mesures susceptibles de leur porter préjudice.
Selon l’organisation, la mutation de son secrétaire général constitue une violation de ces textes et une remise en cause des garanties reconnues aux représentants des travailleurs.
Des autorités appelées à intervenir
Le Synata indique avoir décidé de saisir l’Inspection du travail ainsi que le ministre en charge du Travail afin que la situation soit examinée. Il regrette également que les précédentes alertes adressées au ministre de tutelle et au président du conseil d’administration n’aient, selon lui, donné lieu à aucune mesure corrective.
Le syndicat révèle par ailleurs que plusieurs contentieux liés à des licenciements qu’il juge abusifs sont actuellement pendants devant les juridictions compétentes. Il estime qu’en cas de condamnation de l’Agasa, les éventuelles réparations financières pourraient être supportées, à terme, par les finances publiques.
Une crise sociale persistante
A travers ce nouveau communiqué, le Synata affirme rester déterminé à poursuivre son action « dans le strict respect de la légalité » tout en dénonçant ce qu’il considère comme des pratiques de gestion contraires aux textes en vigueur.
A ce stade, la direction générale de l’Agasa n’a pas publiquement réagi aux accusations formulées par l’organisation syndicale. Sa version des faits est attendue afin d’éclairer l’opinion sur les circonstances de cette mutation et les motivations ayant conduit à cette décision.
Paul Nkori

