Libreville, (GM)- A l’occasion de l’inauguration officielle du nouveau Palais des Congrès intégré à la Cité de la Démocratie, l’État gabonais a posé un acte hautement symbolique : baptiser ce nouvel ensemble du nom de l’ancien président Omar Bongo Ondimba, figure majeure de l’histoire politique nationale et africaine.
Dans une tribune empreinte d’émotion et de mémoire, parue dans les colonnes du quotidien l’Union ce mercredi 6 avril, Michel Essonghe, haut dignitaire de la République et ancien collaborateur du défunt chef de l’État, a salué cette décision qu’il qualifie de « réparation de l’histoire », rappelant le rôle central qu’a longtemps joué la Cité de la Démocratie dans la consolidation de la paix, du dialogue et de l’unité nationale.
Un projet emblématique sous l’ère Oligui Nguema
L’auteur remercie le président Brice Clotaire Oligui Nguema pour l’opportunité de s’exprimer dans une circonstance qu’il juge « historique et symbolique ». Il souligne que cette inauguration intervient dans un contexte particulier : celui du premier anniversaire de l’élection présidentielle d’avril 2025, après une transition de moins de trois ans, menée selon un calendrier respecté.
Pour Michel Essonghe, la mise en service de ce nouveau Palais des Congrès représente l’un des marqueurs visibles des réalisations entreprises depuis la Transition, et constitue un signe fort de l’ouverture d’une « nouvelle ère » pour le Gabon.
Un lieu chargé d’histoire politique africaine
La Cité de la Démocratie, rappelle-t-il, a longtemps été un espace de rassemblement national et international. Elle a accueilli de grands événements diplomatiques et politiques, notamment le Sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1977, qui fit de Libreville, pendant quelques jours, la capitale du continent.
Ce site fut également, selon lui, le théâtre de moments décisifs de l’histoire nationale, à l’image de la Conférence nationale, jalon essentiel dans l’avènement du multipartisme au Gabon. Dans cette perspective, Michel Essonghe insiste sur le rôle joué par Omar Bongo Ondimba, qu’il décrit comme un « homme de paix » et un acteur clé de l’unité africaine.
Le dialogue comme héritage politique
L’article revient également sur une anecdote personnelle illustrant l’esprit du défunt président : lors de discussions entre collaborateurs, Omar Bongo Ondimba aurait prodigué des conseils de modération et d’écoute, exhortant à ne pas traiter un contradicteur de menteur mais à reconnaître « une parcelle de vérité » dans toute opinion adverse.
Pour l’auteur, cette philosophie explique pourquoi le dialogue fut l’un des piliers de l’action politique d’Omar Bongo Ondimba, et pourquoi un Palais des Congrès, lieu d’échanges et de concertation, constitue un hommage cohérent à son héritage.
Un appel à préserver un joyau national
Michel Essonghe estime que ce nouvel ouvrage architectural, malgré un contexte économique et budgétaire complexe, représente un « joyau du Gabon de demain ». Il appelle ainsi les jeunes générations à en assurer la promotion, mais surtout l’entretien, afin que ce patrimoine demeure durablement un espace de rayonnement et de construction collective.
Il salue enfin le choix du président Oligui Nguema de donner à ce site le nom d’Omar Bongo Ondimba, y voyant un acte de continuité historique et de cohésion intergénérationnelle : « Il n’y a pas de construction solide et pérenne sans fondations solides », écrit-il.
Un symbole de paix et de stabilité
Dans une conclusion à la fois solennelle et spirituelle, Michel Essonghe formule le vœu que « l’esprit d’Omar Bongo Ondimba » continue d’inspirer la paix, la stabilité et le développement du Gabon, avant de souhaiter la bénédiction divine sur ce Palais des Congrès et sur tous ceux qui y siégeront pour bâtir l’avenir.
Avec cette inauguration, Libreville renoue ainsi avec une page majeure de son histoire, et inscrit un symbole politique fort dans le paysage national : celui d’un monument pensé comme un pont entre le passé, le présent et l’avenir.
VYL

