Libreville, (GM)- Le parti Réappropriation du Gabon, de son indépendance pour sa reconstruction (Reagir), du moins son aile dirigée par Michel Ongoundou-Loundah, est monté au créneau ce lundi pour dénoncer ce qu’il qualifie de « mystification » et de « falsification méthodique » autour d’une prétendue fusion impliquant des individus se réclamant du mouvement.
Dans un communiqué de presse signé par Michel Ongoundou-Loundah en qualité de président du parti, cette tendance de Reagir affirme observer « avec gravité mais sans surprise » les développements récents liés à l’annonce d’une fusion qui, selon elle, repose ni plus ni moins que sur une usurpation d’identité politique.
Une “usurpation” attribuée à François Ndong Obiang
Le communiqué met directement en cause François Ndong Obiang et ses proches, accusés d’avoir organisé une opération de confusion politique en plusieurs étapes. Le signataire du communiqué rappelle que ces derniers auraient été exclus du parti en novembre 2024 pour divers motifs, dont une affaire de « falsification de cachet », et seraient poursuivis pour « faux et usage de faux ».
Il affirme en outre que la justice serait actuellement saisie de ces accusations, qu’il présente comme le socle d’un processus plus large de contrefaçon politique.
Un logo détourné et une identité “pillée”
Autre point majeur soulevé : la question du logo du parti. Reagir de Michel Ongoundou-Loundah accuse ses opposants internes d’avoir détourné un logo protégé par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), en modifiant certains éléments graphiques afin de créer une confusion dans l’opinion.
Le communiqué évoque notamment l’introduction d’une « torche indigène » à la place du « i » dans l’acronyme Reagir, ainsi que l’intégration d’une carte du Gabon au visuel.
Pour la direction officielle du parti, il s’agit d’une tentative de « piller l’âme visuelle » du mouvement.
Occupation du siège et accusations de pillage
Ongoundou-Loundah affirme également que le siège du parti aurait été occupé illicitement pendant plus de dix mois, sans paiement de loyer, avant que les occupants ne prennent la fuite en juillet 2025. Le parti dénonce un « pillage caractérisé » du mobilier et du matériel de bureau, évoquant même l’emport d’un chien de garde prêté par un cadre du parti.
Plusieurs individus, cités nommément, auraient été inculpés pour « violation de domicile, menaces et voies de fait ».
Une fusion jugée “juridiquement nulle”
Concernant la fusion annoncée avec l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le « rival » de François Ndong Obiang estime qu’il s’agit d’une « aberration juridique » et d’une tentative de « liquidation mercantile » visant à vendre le sigle du parti à des fins personnelles.
Le mouvement rappelle par ailleurs qu’un arrêt de la Cour constitutionnelle, daté du 6 septembre 2025, aurait invalidé les candidatures des personnes mises en cause, actant selon ainsi leur « mort civile et politique » au sein du parti.
Dès lors ces individus ne disposeraient plus d’aucune légitimité pour engager le parti dans une fusion ou toute démarche officielle, tant que le litige relatif au bicéphalisme reste pendant devant les juridictions compétentes.
REAGIR alerte sur un “péril pour la République”
Dans sa déclaration, Reagir élargit le débat au-delà du cas interne du parti. Le mouvement y voit une menace pour l’éthique publique et la crédibilité du système politique gabonais.
« Quand l’usurpation devient une méthode et le mensonge un programme, c’est le pacte de confiance entre le peuple et ses représentants qui se brise », écrit celui qui se revendique comme le « vrai président » de cette formation politique.
Une mise en garde sans ambiguïté
En conclusion, l’auteur du communiqué rejette catégoriquement toute tentative de récupération de son nom ou de son identité politique, affirmant qu’il ne sera « jamais l’instrument de marchandage de quelques opportunistes ».
Le communiqué se termine par une déclaration ferme : Reagir se présente comme une « sentinelle au service du peuple gabonais », déterminée à résister à ce qu’il qualifie d’imposture.
Paul Nkori

