Gabon / Football : la Fegafoot réhabilite l’Union Sportive de Bitam

Libreville, (GM)- Coup de théâtre dans le paysage du football gabonais. À peine cinq jours après avoir été suspendue, l’Union sportive de bitam (USB) est officiellement réintégrée parmi les clubs pouvant prendre part aux compétitions nationales de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT) et partant de la Ligue nationale de football professionnel (LINAFP).

Une décision rendue publique ce mardi 24 mars à l’issue d’une réunion du Comité exécutif convoquée en urgence.

Une suspension levée sur fond d’accord interne

Dans sa décision N°004, la Fegafoot justifie ce revirement par la signature, le 22 mars dernier, d’un protocole d’accord de co-gestion transitoire au sein du club bitamois. Ce compromis, qualifié de « démarche consensuelle » dans le communiqué de presse de l’instance fédérale, met fin au différend qui avait conduit à la suspension initiale prononcée le 19 mars dernier.

Au cœur du litige figurait notamment la saisine des juridictions ordinaires, en contradiction avec les règles statutaires de la Fegafoot, alignées sur celles de la FIFA et de la CAF. En actant un règlement interne du conflit, les parties ont ainsi permis de lever l’un des principaux obstacles à la réintégration du club.

Retour immédiat en compétition

Conséquence directe de cette décision : l’Union sportive de bitam retrouve sans délai son statut de membre de la Fegafoot, avec un effet immédiat sur sa participation aux compétitions nationales. L’instance dirigeante a d’ailleurs saisi la Ligue nationale de football professionnel (LINAFP) afin que toutes les dispositions soient prises pour réinsérer le club dans le championnat de première division.

Dans une correspondance adressée au président de la LINAFP, le secrétaire général de la Fegafoot, Yoland Mavouroulou, insiste sur le caractère exécutoire de la décision et invite la ligue à en assurer la notification officielle au club.

Une gestion de crise sous pression

Cette séquence révèle toutefois les fragilités persistantes dans la gouvernance de certains clubs gabonais. Suspendre puis réintégrer une équipe en moins d’une semaine souligne moins une capacité d’arbitrage efficace qu’une gestion sous contrainte, dictée par l’urgence et les équilibres internes.

La Fegafoot s’appuie ici sur ses textes, notamment l’article 17 de ses statuts, pour justifier sa décision. Mais en creux, une question demeure : pourquoi un conflit interne a-t-il dû atteindre un tel niveau d’escalade avant d’être résolu ?

Un précédent à surveiller

Si la réintégration de l’USB permet d’éviter une perturbation prolongée du championnat, elle pose aussi la question du précédent créé. D’autres clubs pourraient être tentés de tester les limites du cadre réglementaire avant de revenir à la table des négociations.

Dans un contexte où la crédibilité des institutions sportives repose sur la constance et la prévisibilité des décisions, la Fegafoot devra démontrer que cette issue relève d’une exception maîtrisée, et non d’un mode de régulation implicite.

En attendant, sur le terrain, l’USB est appelée à tourner rapidement la page pour se concentrer sur l’essentiel : la compétition.

Nelson Kali

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