ZIS de Nkok : Anatomie d’une « Fake News » et appel à la vigilance numérique

Libreville, (GM)- Une vidéo virale prétendant montrer un accident de travail atroce au sein de la Zone d’Investissement Spéciale (ZIS) de Nkok a enflammé la toile ces dernières heures. Ce 14 janvier, l’autorité administrative qui gère ledit espace a apporté un démenti formel, révélant une manipulation flagrante et mettant en garde contre les dérives numériques.

L’émotion a été vive mais fondée sur un mensonge. Depuis peu, une séquence vidéo montrant un grave accident industriel circule sur les réseaux sociaux, pointant du doigt les conditions de sécurité à la ZIS de Nkok. Pourtant, après vérifications, les faits se seraient déroulés ailleurs.

Le pouvoir de la manipulation numérique

L’enquête menée par les services de la zone est sans appel : l’accident n’a jamais eu lieu à Nkok. La scène a en réalité été filmée dans une unité industrielle située à la Lopé, dans la province de l’Ogooué-Ivindo.

Cet incident souligne une nouvelle fois le caractère profondément manipulatoire des réseaux sociaux. Une vidéo réelle, sortie de son contexte, et réétiquetée avec une localisation erronée, suffit à jeter le discrédit sur une institution et à créer une psychose collective. L’autorité administrative a d’ailleurs invité les internautes et les médias à plus de « responsabilité et de rigueur » dans le traitement de l’information.

La sécurité : Un contrat non négociable

Malgré ce démenti, l’autorité administrative ne se dédouane pas de ses responsabilités. Elle a profité de cette mise au point pour rappeler que le respect des normes d’hygiène et de sécurité est la « condition essentielle » pour opérer dans la zone.

Pour garantir un environnement de travail digne, plusieurs leviers sont activés :

  •  Renforcement des contrôles : Une surveillance accrue sur site pour prévenir les risques.
  •  Équipements obligatoires : Exigence stricte du port des équipements de protection individuelle (EPI).
  • Tolérance zéro : Toute violation peut entraîner la suspension, voire le retrait pur et simple de l’agrément d’exercer.

Un appel à la vigilance citoyenne

Au-delà de l’aspect sécuritaire, cette affaire pose la question de notre consommation de l’information. À l’heure de la viralité instantanée, l’émotion prend souvent le pas sur la vérification.

Dans son communiqué, l’autorité administrative réaffirme sa détermination à protéger les droits des travailleurs. Toutefois, elle rappelle que la stabilité du climat social dépend aussi de la capacité de chacun à ne pas relayer des contenus non sourcés. À Nkok, la vigilance reste donc de mise, tant sur les chaînes de montage que sur les écrans de smartphone.

Paul Nkori

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