Libreville, (GM)- La Conférence internationale sur l’Iboga et l’Ibogaïne s’est achevée le 14 janvier 2026 à Libreville. Entre ambitions économiques et protection du patrimoine ancestral, le gouvernement gabonais trace la voie d’une exploitation régulée de son « or vert » au profit des populations locales.
Le Gabon franchit une étape historique dans la valorisation de son patrimoine naturel. Après deux jours de discussions intenses, la Conférence internationale sur l’Iboga et l’Ibogaïne a rendu ses conclusions. Le message porté par le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, est sans équivoque. Pour lui, l’Iboga ne doit plus seulement être perçu comme un vestige du passé, mais comme un levier stratégique pour l’avenir économique du pays.
l’Appel de Libreville
Au centre des débats, « l’Appel de Libreville » pose les jalons d’une nouvelle ère. Face à l’intérêt croissant de la communauté scientifique internationale pour l’ibogaïne (le principe actif de la plante utilisé notamment dans le traitement des addictions), le Gabon entend garder la main sur sa ressource.
Pour sécuriser cette filière naissante, trois axes prioritaires ont été définis :
– Le dialogue permanent entre l’État, les scientifiques et les communautés détentrices du savoir.
– La structuration financière pour transformer la plante en une véritable industrie.
– La protection juridique via un inventaire patrimonial afin de lutter contre le biopiratage et de protéger les savoirs ancestraux.
Une ambition internationale et des partenariats stratégiques
Le Gabon ne compte pas faire cavalier seul. Le ministre a profité de la clôture des travaux pour annoncer la signature imminente d’une lettre d’intention avec des partenaires américains. Cette coopération vise à allier le savoir-faire technologique et médical des États-Unis à la richesse biologique gabonaise, tout en garantissant un partage équitable des bénéfices.
Vers les premières « Assises de l’Iboga »
L’objectif final est clair. Il s’agit de positionner le Gabon comme le « porte-étendard » mondial d’une vision souveraine de l’Iboga. Pour concrétiser cette ambition, l’organisation prochaine des premières Assises de l’Iboga a été recommandée. Ce rendez-vous devrait marquer le lancement officiel de cette nouvelle économie que le gouvernement souhaite « équitable et durable ».
En érigeant cette plante sacrée au rang de priorité nationale, le Gabon tente un pari audacieux : concilier les rites millénaires du Bwiti avec les exigences de la médecine moderne et du développement économique du XXIe siècle.
VYL

