Administration des collectivités locales : Adrien Nguema Mba siffle la fin de la récréation

Libreville, (GM)- Par deux correspondances majeures datées du 9 janvier 2026, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation a rappelé à l’ordre les élus locaux. Entre interdiction de cumul des fonctions et rigueur budgétaire dans les cabinets, l’heure est pour lui à la mise en conformité stricte avec la loi.

Le vent de la réforme continue de souffler sur les collectivités locales gabonaises. Dans une volonté manifeste de clarifier les rôles et d’assainir la gestion des municipalités, le ministre Adrien Nguema Mba a adressé deux rappels fermes aux autorités provinciales et communales du pays.

L’élu délibère et l’administration exécute

Le premier axe de ce recadrage réglementaire concerne la séparation des pouvoirs au sein des mairies et conseils départementaux. Dans sa la Lettre-Circulaire N° 0007/MISD/SG/DGCL, le ministre fait un constat sans appel, selon lequel certains élus locaux continuent d’exercer des fonctions administratives en totale méconnaissance des textes en vigueur.

S’appuyant sur l’article 94 de la loi organique n°001/2014 du 15 juin 2015 relative à la décentralisation, le membre du gouvernement rappelle qu’il est formellement interdit aux conseillers locaux (en dehors des membres du bureau) d’exercer des fonctions administratives au sein de leur collectivité ou des établissements publics rattachés.

 L’enjeu principal de cette démarche est de garantir que l’élu se consacre exclusivement à son pouvoir délibérant au sein du conseil et des commissions. En ce sens, toujours d’après le locataire de l’avenue de Cointet, les intéressés sont sommés d’opérer les choix appropriés pour se conformer à la loi. En cas de démission d’un élu pour conserver son poste administratif, son remplacement sera organisé selon les textes en vigueur.

Cabinets des maires : Une gestion sous contrat et sous contrôle

La seconde Lettre-Circulaire N° 0006/MISD/SG/DGCL, quant à elle, s’attaque à la composition des cabinets des maires dans le cadre des réaménagements en cours. Le ministre exige un respect strict des dispositions du décret n°401/PR/MICLDSI du 8 mai 2008.

Les points clés rappelés concernent :

– Le statut contractuel : Le personnel de cabinet est recruté sous contrat d’une durée de deux ans, renouvelable une seule fois.

– La fin de mission : Ces contrats prennent fin impérativement au terme de l’exercice des fonctions du maire.

– La soutenabilité financière : La composition du cabinet doit tenir compte de la masse globale des ressources propres de la collectivité locale.

Un signal fort pour la décentralisation

Ce double rappel à l’ordre n’est pas une simple formalité, aux dires d’une source proche du dossier.

En exigeant une « stricte application » de ces stipulations, le gouvernement chercherait à professionnaliser la gestion locale. Il s’agirait de s’assurer que l’administration territoriale repose sur des bases juridiques saines, évitant les surcharges budgétaires liées à des cabinets pléthoriques ou des situations irrégulières de cumul.

Pour les maires et les conseillers, le message est clair. La décentralisation doit s’opérer dans le respect rigoureux du cadre réglementaire en vigueur. Les gouverneurs de province ont désormais la charge de veiller au suivi et à l’application immédiate des ces instructions.

Paul Nkori

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *