Drame à Mouila : après la mort de six enfants dans un incendie, le gouvernement interpelle l’opinion

Libreville, (GM)- Six enfants âgés de 1 à 8 ans ont péri dans l’incendie d’une habitation survenu dans la nuit du 15 au 16 août 2024 au quartier Dijannou, dans la commune de Mouila, province de la Ngounié. Face à ce drame, la ministre des Affaires sociales, chargée de la Protection de l’Enfance et de la Femme, Armande Longo épouse Moulengui, a lancé un appel à la solidarité nationale et à la responsabilité collective.

Dans une déclaration empreinte d’émotion, la ministre a déploré la disparition de ces six enfants, issus de deux familles distinctes. « Six petites vies ont été arrachées à l’affection des leurs », a-t-elle regretté, soulignant que six destins et autant d’avenirs ont été brutalement interrompus par le sinistre.

Un septième enfant a toutefois pu être sauvé des flammes grâce à l’intervention d’un passant présenté comme courageux. Selon les témoignages rapportés par la ministre, les parents des enfants étaient absents au moment du drame.

La polémique autour du comportement des riverains

Au-delà de l’incendie lui-même, Armande Longo épouse Moulengui a particulièrement dénoncé le comportement de certains riverains présents sur les lieux. Selon les témoignages recueillis, des personnes auraient choisi de filmer et de partager sur les réseaux sociaux les images de la scène plutôt que de tenter de porter secours aux enfants en détresse.

Pour la ministre, cette attitude ne constitue pas un phénomène isolé. Elle affirme que des comportements similaires auraient été observés lors d’autres situations dramatiques, notamment des inondations, des accidents de la circulation, des éboulements ou encore des noyades.

La déclaration pose ainsi la question de la place prise par les téléphones portables et les réseaux sociaux dans la réaction collective face aux situations d’urgence. Filmer un drame peut-il prendre le pas sur le réflexe de porter assistance ? Pour la ministre, cette évolution traduit une forme d’incivisme et d’insensibilité qu’il devient urgent de combattre.

Solidarité nationale et responsabilité parentale

Armande Longo a également profité de cette tragédie pour appeler à une prise de conscience collective autour de la solidarité nationale, de la parentalité responsable et du respect de la dignité humaine. Elle invite les Gabonais à renouer avec les valeurs d’entraide, d’unité et de cohésion sociale, estimant que la protection des personnes vulnérables ne saurait relever uniquement des pouvoirs publics. « La grandeur d’un peuple réside dans sa capacité à protéger les plus faibles », a-t-elle rappelé.

La ministre appelle ainsi les citoyens à ne plus rester spectateurs face aux drames qui touchent leurs compatriotes, mais à privilégier l’action, l’assistance et la protection des victimes.

Faire de la solidarité un principe de la Ve République

En conclusion, la ministre inscrit cet appel dans l’ambition affichée par les autorités pour la Ve République. Elle souhaite que la solidarité nationale dépasse le simple registre de l’obligation morale pour devenir un véritable principe de société.

A travers cette déclaration, le gouvernement entend donc transformer le drame de Dijannou en un signal d’alerte : face aux accidents et aux situations de détresse, l’urgence ne devrait pas être de sortir son téléphone pour filmer, mais de chercher, dans la mesure du possible et sans se mettre soi-même en danger, à sauver des vies.

Ce tragique incendie ayant coûté la vie à six enfants remet ainsi au centre du débat une question essentielle : quelle société le Gabon veut-il construire lorsque survient l’épreuve, celle qui regarde, filme et partage, ou celle qui s’arrête pour porter secours ?

VYL

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