Indépendance 2026 : Brice Clotaire Oligui Nguema apelle à « refonder, moderniser, transformer et bâtir » le Gabon

Libreville (GM)- À l’occasion de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a livré ce samedi 16 août, le traditionnel discours à la Nation placé sous le signe de la souveraineté, de la modernisation et de la transformation du pays. Dans une adresse à forte portée politique, le chef de l’État a appelé les gabonais à inscrire l’indépendance de 1960 dans une nouvelle étape, celle de la conquête de la souveraineté économique, énergétique, sociale et humaine.

Revenant sur la proclamation de l’indépendance par Léon Mba, le président a estimé que le combat de la génération actuelle devait désormais consister à donner « toute sa force » à cette indépendance. Pour lui, un pays véritablement souverain doit être capable de décider par lui-même, de former sa jeunesse, de produire l’énergie dont il a besoin, de protéger ses ressources et de construire les infrastructures nécessaires à son développement.

Cette vision constitue le fil conducteur de son adresse à la Nation. « Le temps des promesses doit céder la place au temps des preuves », a-t-il affirmé, mettant en avant les nombreux chantiers engagés dans le pays. Le Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, les axes routiers, le Mémorial Léon Mba, l’Esplanade Georges Damas Aleka, la Cité Administrative Émeraude, les infrastructures diplomatiques et militaires ainsi que les centres de santé de La Peyrie, d’Akébé et de Bikélé ont notamment été cités comme des illustrations de cette nouvelle dynamique.

Une diplomatie au service des intérêts du Gabon

Sur le plan international, Brice Clotaire Oligui Nguema a défendu une diplomatie davantage tournée vers les intérêts nationaux. Les différentes visites effectuées en Afrique, en Europe, dans les Amériques et en Asie sont présentées comme une offensive destinée à restaurer la crédibilité du Gabon et à attirer des investissements.

La récente visite d’État à Paris et la tournée en Afrique de l’Ouest ont, selon le chef de l’État, permis d’obtenir des accords d’investissement, des engagements en faveur des finances publiques et un appui à la transformation de l’économie gabonaise.

Le président a toutefois posé une ligne rouge : le Gabon entend coopérer avec ses partenaires, mais refuse toute relation fondée sur la dépendance. « Nous voulons la coopération, des partenariats d’égal à égal et non la dépendance », a-t-il martelé.

La jeunesse au cœur de la transformation

Autre priorité forte du discours : la jeunesse. Considérée comme la « première richesse » du pays, elle doit bénéficier d’une formation mieux adaptée aux besoins de l’économie.

Le chef de l’État a particulièrement insisté sur les métiers de l’hôtellerie, de la restauration, de l’accueil et du service, secteurs appelés à accompagner le développement de l’attractivité du Gabon. Dans cette perspective, il a annoncé l’achèvement de l’Université polyvalente du Cap Estérias et assuré que les dispositions étaient prises pour une rentrée effective dès la prochaine année universitaire.

L’annonce intervient alors que le président souligne la nécessité de renforcer rapidement les capacités d’accueil du système scolaire et universitaire face à la progression du nombre d’admis aux examens.

Le chef de l’État a également appelé à changer de regard sur l’enseignement supérieur africain. « L’Afrique ne doit pas être un choix par défaut », a-t-il déclaré, invitant la jeunesse gabonaise à considérer le continent comme un espace de savoir, d’innovation et d’opportunités.

Eau et électricité : le défi de la distribution

Si le président a revendiqué les avancées réalisées, il a également reconnu les difficultés persistantes auxquelles sont confrontés les ménages et les entreprises, notamment dans les secteurs de l’eau et de l’électricité.

Il a assuré connaître les conséquences des coupures sur la vie quotidienne et l’économie, tout en identifiant désormais le transport et la distribution comme des priorités. Selon lui, l’augmentation de la production ne suffira pas si les réseaux restent fragiles, saturés ou mal entretenus.

Le président a par ailleurs appelé les investisseurs à s’intéresser à ce secteur stratégique, estimant que le transport et la distribution de l’eau et de l’électricité doivent être ouverts à des acteurs capables d’investir, d’innover et de respecter leurs obligations de service public.

Libreville appelée à changer de visage

L’attractivité de Libreville occupe également une place importante dans le discours présidentiel. Le chef de l’État a évoqué l’ambition pour le Gabon d’accueillir prochainement un sommet de l’Union africaine. Une telle perspective, selon lui, doit constituer davantage qu’une opération de prestige : elle doit démontrer la stabilité, la capacité d’organisation et l’hospitalité du pays.

Dans cette perspective, Brice Clotaire Oligui Nguema a lancé un appel au civisme et à l’amélioration du cadre de vie. Il a également adressé une mise en garde aux propriétaires d’immeubles et de chantiers inachevés situés le long des principaux axes de la capitale.

Après les mises en demeure nécessaires, l’État pourrait, dans le respect de la Constitution et du droit de propriété, prendre des mesures allant jusqu’à la réquisition pour cause d’intérêt général contre certains sites durablement abandonnés.

Une responsabilité collective

Au-delà de l’action gouvernementale, le chef de l’État a appelé à une mobilisation collective. Le civisme, la discipline et le respect des biens publics sont présentés comme des conditions indispensables à la réussite de la transformation du pays.

Le président a également salué le professionnalisme des Forces de Défense et de Sécurité, qu’il considère comme un rempart de la souveraineté nationale, et invité la diaspora gabonaise à contribuer davantage au rayonnement et au développement du pays.

En définitive, le discours du 16 août 2026 dessine une feuille de route articulée autour de plusieurs priorités : infrastructures, souveraineté économique, énergie, formation, emploi des jeunes, attractivité de Libreville, diplomatie et mobilisation de la diaspora.

En conclusion, Brice Clotaire Oligui Nguema a reconnu que « tout n’est pas achevé », tout en promettant que l’État poursuivra son action « avec méthode et fermeté ». Le chef de l’État entend ainsi faire de cette nouvelle étape de l’histoire du Gabon un moment de transformation durable, résumé par quatre verbes : « refonder, moderniser, transformer et bâtir ».

VYL

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