Gabon : SOS Prisonniers lance une campagne de plaidoyer pour renforcer les droits des détenus

Libreville, (GM)- L’ONG SOS Prisonniers Gabon a officiellement lancé, le vendredi 10 juillet 2026, à son siège de Kalikak, sa campagne de plaidoyer dans le cadre du projet « Dignité en Détention », une initiative visant à promouvoir une meilleure prise en compte des droits fondamentaux des personnes privées de liberté au Gabon.

La cérémonie a réuni plusieurs représentants d’institutions nationales et de partenaires internationaux, notamment l’Union européenne, principal bailleur du projet, le ministère de la Justice, la Direction générale de la Garde pénitentiaire ainsi que la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).

A cette rencontre figurait en bonne place la présentation d’une note de position élaborée par l’organisation. Ce document servira de base aux échanges que SOS Prisonniers Gabon entend mener avec les autorités afin de faire évoluer les politiques publiques relatives au milieu carcéral.

Selon la coordonnatrice de l’ONG, Lyvia Joyss Moussavou, cette campagne de plaidoyer s’inscrit dans une démarche de long terme destinée à renforcer le respect des droits humains dans les établissements pénitentiaires du pays. « Cet atelier consistait à présenter notre note de position, qui fera l’objet de nos rencontres avec les officiels », a-t-elle expliqué.

Des recommandations à plusieurs échéances

Dans son document, SOS Prisonniers Gabon formule une série de recommandations réparties entre des mesures à court, moyen et long terme.

A court terme, l’organisation plaide pour un assouplissement du régime des visites familiales en prison. Elle souhaite notamment que les détenus puissent bénéficier de trois jours de visite par semaine, alors qu’ils ne disposent actuellement que d’un seul jour, le dimanche.

A moyen terme, l’ONG appelle à une mise en œuvre effective des alternatives à la détention, estimant que le recours prolongé à la détention préventive constitue l’une des principales causes de la surpopulation carcérale observée dans plusieurs établissements pénitentiaires du pays.

A plus long terme, SOS Prisonniers Gabon recommande la numérisation et l’archivage électronique des dossiers judiciaires. Une réforme qui, selon l’organisation, permettrait d’améliorer le suivi des procédures, de réduire les lenteurs administratives et de limiter certaines irrégularités dans le traitement des affaires.

Un appel au respect de la dignité humaine

Les échanges entre les responsables de l’ONG, conduits par son président Lionel Engonga, et les participants ont permis d’aborder sans détour les principaux défis auxquels fait face le système pénitentiaire gabonais.

Clôturant les travaux au nom du président de la Commission nationale des droits de l’homme, empêché, la rapporteure de l’institution, Marie-Anne Mboga, a rappelé que le respect des droits fondamentaux ne devait jamais s’interrompre aux portes de la prison. « Nous avons tous intérêt à œuvrer pour que, même en détention, les droits de la personne humaine soient respectés », a-t-elle déclaré, saluant par ailleurs les évolutions enregistrées dans la collaboration entre la CNDH et l’administration pénitentiaire.

Elle a également souligné que « l’image d’une société dépend aussi de la manière dont elle traite ses détenus », avant d’encourager les acteurs engagés à poursuivre leurs actions de sensibilisation sur le terrain.

L’atelier s’est achevé dans une atmosphère conviviale autour d’une collation, les participants exprimant leur satisfaction quant à la qualité des échanges et leur volonté commune de contribuer à une amélioration durable des conditions de détention au Gabon.

Raphael Mouissi

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