Libreville, (GM)- L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est sortie de sa réserve pour répondre aux interprétations suscitées par un article publié le 1er juin 2026 par nos confrères du média en ligne Gabonreview.com, intitulé : « CNAMGS : l’OMS confirme que l’assurance maladie des Gabonais est une arnaque institutionnelle ».
Dans un communiqué officiel signé par son représentant résident au Gabon, le docteur Xavier Crespin, l’institution onusienne dément catégoriquement les propos qui lui sont attribués et affirme que l’expression « arnaque institutionnelle » ne figure ni dans son Rapport annuel 2025 ni dans aucun autre document officiel de l’organisation.
Un démenti sans ambiguïté
Face à ce qu’elle qualifie d’interprétations erronées de ses travaux, l’OMS précise n’avoir jamais porté un tel jugement sur la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). « Cette expression ne figure ni dans le Rapport annuel 2025, ni dans aucun autre document officiel de l’Organisation », souligne le communiqué, qui insiste sur le caractère « totalement infondé » de cette attribution.
L’organisation rappelle que ses rapports techniques ont vocation à analyser les systèmes de santé afin d’identifier les pistes d’amélioration permettant d’accroître l’accès aux soins, la qualité des prestations et la protection financière des populations. Selon elle, ces observations ne sauraient être interprétées comme une condamnation du système gabonais ou une critique de nature politique.
La CNAMGS présentée comme une avancée majeure
Loin de remettre en cause le dispositif, l’OMS affirme au contraire reconnaître la Cnamgs comme une réalisation importante dans le processus de construction de la couverture sanitaire universelle au Gabon. Le rapport met notamment en avant un taux de couverture estimé à près de 76 % de la population ainsi qu’une réduction significative des dépenses directes supportées par les ménages et des dépenses de santé dites catastrophiques. Pour l’organisation, ces résultats traduisent des avancées substantielles en matière de protection sociale et d’accès aux soins.
Des réformes déjà prévues par les autorités gabonaises
Le communiqué insiste également sur le fait que les recommandations évoquées dans le Rapport annuel 2025 s’inscrivent dans les orientations déjà définies par les pouvoirs publics gabonais. L’OMS cite notamment le Plan national de développement sanitaire 2024-2028, qui prévoit l’extension de la couverture maladie à environ 90 % de la population, l’élargissement du panier de soins et des médicaments pris en charge ainsi qu’une amélioration de la qualité des services et du niveau de protection financière des assurés. Selon l’organisation, les ajustements recommandés doivent être compris comme une démarche normale d’amélioration continue, comparable à celles mises en œuvre dans les systèmes de santé à travers le monde.
Un modèle salué au niveau africain
Dans son communiqué, l’OMS va plus loin en affirmant que la Cnamgs constitue aujourd’hui une référence sur le continent africain. L’organisation indique avoir organisé à plusieurs reprises des voyages d’études pour permettre à d’autres pays de s’inspirer de l’expérience gabonaise. Elle rappelle également avoir sollicité des experts de la Cnamgs afin de présenter le modèle gabonais dans différents cadres régionaux.
L’institution souligne enfin avoir consacré plusieurs publications internationales et africaines à cette expérience, qu’elle présente comme une initiative remarquable en matière de couverture sanitaire universelle.
Appel à une lecture rigoureuse des rapports techniques
Tout en réaffirmant son soutien aux efforts du Gouvernement gabonais dans le domaine de la santé publique, l’OMS invite les médias et l’opinion à une lecture « rigoureuse et contextualisée » de ses rapports. L’organisation estime que les interprétations partielles ou dénaturées de ses analyses sont susceptibles d’entretenir des incompréhensions au sein de la population. Elle se dit par ailleurs disposée à échanger avec les médias afin d’apporter les éclairages techniques nécessaires à une meilleure compréhension de ses publications.
Par ce communiqué, l’OMS entend ainsi mettre fin à la polémique née de l’interprétation de son Rapport annuel 2025 et réaffirmer sa position selon laquelle la Cnamgs demeure un acquis majeur du système de santé gabonais, dont le renforcement s’inscrit dans une logique de consolidation plutôt que de remise en cause.
Paul Nkori

